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Résumé de la communication
Dans le contexte de la problématique du dualisme corps-esprit, les sciences cognitives offrent un arsenal d'hypothèses remarquables pour transformer la question de l'ontologie de l'esprit en une question qui n'en préserve que le caractère épistémique, c'est-à-dire référant à un ensemble d'états mentaux tel que ces derniers sont formulés dans le langage ordinaire. En donnant des explications à divers niveaux d'abstraction concernant les phénomènes cognitifs, depuis les explications neuro-connectionnistes qui sont proches du corps jusqu'aux explications psycho-fonctionnelles, qui s'adressent à la question des états mentaux de haut niveau comme la conscience, les croyances, etc., les sciences cognitives permettent d'établir que ce qui apparaît de loin comme la cohabitation mystérieuse de l'esprit et du corps peut se ramener à une différence de niveau de langage, chacun traitant de différents ordres de complexité concernant un seul et même objet du monde. Cette position est assez proche de la position de John Searle pour qui l'unité physiologique du cerveau et de l'esprit est assez clairement établie et où les phénomènes mentaux comme la conscience sont des propriétés émergentes de la complexité physiologique. Mais Searle introduit une ontologie "à la première personne" pour rendre compte de l'expérience subjective de la vie mentale et ce faisant, il continue de dénier la possibilité d'une intelligence artificielle à cause des limites du modèle computationnel de cette dernière qui, comme son argument de la "chambre chinoise" le soutient, ne peut pas rendre compte de l'appréhension intime des phénomènes mentaux malgré la compétence comportementale dont l'intelligence artificielle classique est capable. Il existe une autre voie par contre qui peut être suivie pour tirer profit des travaux unificateurs des sciences cognitives concernant l'objet cognitif, corps et esprit. Si on admet que la différence entre le corps et l'esprit en est une de "propriété" émergente de la complexité de cet objet, il faut plutôt s'accorder que c'est au prix d'une complexité similaire qu'on pourrait espérer voir apparaître, émerger, les signes d'une intelligence artificielle qui puisse être des agents cognitifs avec un spectre aussi large que celui des humains. Mais pour le savoir il faudra revoir le programme de recherche en intelligence artificielle à la lumière des travaux des sciences cognitives de manière à y introduire la notion de corps non pas de manière anecdotique mais intrinsèque. Seulement lorsque les agents artificiels disposeront, plus ou moins, de l'ensemble des capacités humaines, sensorielles, mémorielles, linguistiques, historiques, etc., saurons-nous dire si la cognition est dans la machine ou si elle est LA machine.
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