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L'entrée des femmes à l'institution littéraire : la création du Prix Fémina

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Margot Irvine

Résumé du colloque

Le journal Le Gaulois rapporte en décembre 1904 que le roman La Conquête de Jérusalem de Myriam Harry aurait bien quelques chances de remporter le prix Goncourt de l'année. Toutefois, comme l'indique ce journal, « Myriam Harry est une femme, et ses admirateurs ne pensent pas que l'Académie Goncourt puisse encore faire cet acte de révolution de décerner le prix à une femme alors qu'elle est en compétition avec quatre hommes d'égal mérite… Il semble donc que dès maintenant Mme Myriam Harry doive être évincée » (Le Gaulois, 4 décembre 1904). En effet, le prix Goncourt pour 1904 fut attribué à Léon Frappié pour son roman La Maternelle. En réaction contre ce qu'elle percevait comme une injustice, Madame Caroline de Broutelles, rédactrice en chef du journal pour femmes La Vie heureuse, décide de fonder un autre prix littéraire dont le jury sera uniquement composé de femmes. Le premier jury du prix La Vie heureuse (qui deviendra le Prix Fémina quelques années plus tard) comprend 22 femmes de lettres. Ensemble, elles décident que ce prix récompensera le meilleur ouvrage de l'année, que ce soit l'oeuvre d'un homme ou d'une femme. Elles croient ainsi offrir, pour la première fois, la possibilité de juger des oeuvres d'hommes et de femmes sur leur mérite. Un but secondaire du Prix La Vie heureuse est de favoriser les liens de confraternité entre les membres du jury, de créer donc ce qui pourrait être perçu comme une Académie de femmes. Dans cette communication je discuterai de la genèse du Prix Fémina et j'essayerai de déterminer le degré de succès que ce prix a eu, dans ses premières années, à s'attribuer une légitimité.

Contexte

manager icon Responsables :
Isabelle Boisclair
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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