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L'épistémologie historique : une révolution épistémologique avortée

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François Tournier

Résumé du colloque

En dénonçant le caractère a-historique et a priori de l'épistémologie traditionnelle (néo-positivisme et falsificationisme), Thomas S. Kuhn posait les bases — et c'était son intention de le faire — d'une nouvelle épistémologie à ses yeux, plus historique et empirique. Les épistémologues comme I. Lakatos, P. K. Feyerabend, L. Laudan et bien d'autres qui l'ont suivi dans cette voie, ont initié ce qu'on a appelé depuis le "tournant historique" en épistémologie. L'objectif fondamental au cœur de cette "révolution épistémologique" était de rendre les modèles épistémologiques historiquement plus exacts et empiriquement plus adéquats. Ces nouveaux modèles se sont largement calqués sur la théorie des paradigmes de 1962 qui mettait l'accent sur la structure de l'aspect cognitif de la science. Or, comme on le sait, en 1969, Kuhn redéfinit la notion de "paradigme" d'une façon plus "sociologique", c'est-à-dire en mettant l'emphase sur la structure de la communauté scientifique. Cette "auto-critique" avait entre autre chose, pour but de s'ajuster aux critiques de nombreux historiens des sciences qui accusaient son modèle d'être "historiquement inexact" — ce qu'il a reconnu en partie. En refusant de prendre le "virage sociologique" et en demeurant exclusivement au niveau cognitif, loin de rendre les modèles épistémologiques plus historiques, l'épistémologie historique les a rendu "historiquement inexacts". Elle en a fait des "idéologies" de l'histoire des sciences du même type qu'on retrouve dans les introductions des manuels scolaires en science et que, précisément, toute cette révolution historique dans les conceptions de la science avait initialement pour but de dénoncer et de dépasser.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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