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Les amitiés féminines et la construction de l'espace savant du XVIIIe siècle

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François Melançon

Résumé du colloque

Depuis son cloître de Québec, l'hospitalière Marie-Andrée Regnard Duplessis (en religion, mère de Sainte-Hélène) entretient avec Marie-Catherine Homassel, une amie d'enfance, un échange épistolaire régulier qui s'étend sur plus de trente ans. Les deux femmes, qui se sont connues vraisemblablement dans la région parisienne, ont poursuivi ensuite une trajectoire de vie différente : la jeune Duplessis allant rejoindre ses parents, traversés en Amérique, et se faire plus tard religieuse hospitalière ; la jeune Homassel épousant Jacques Hecquet et s'établissant à Abbeville, dans le nord-ouest de la France. De cet échange, il nous reste une trentaine de lettres "ordinaires" écrites par la mère de Sainte-Hélène. Ces lettres sont investies pour la plupart des marques d'affection communes aux relations électives d'amitié. Toutefois, il s'y rencontre à l'occasion des informations ethnographiques sur les moeurs des Amérindiens. Ces informations, à l'insu de l'hospitalière de Québec, vont nourrir la réflexion de sa correspondante, laquelle prépare un texte (publié à Paris en 1755) sur un fait divers qui préoccupe les milieux "éclairés" européens. À l'aide de ces lettres et du texte de Mme Hecquet, cette communication entend montrer comment un échange épistolaire "ordinaire", sans prétention scientifique, fondé sur un lien d'amitié entre deux amies d'enfance peut servir de véhicule d'accompagnement et de transmission de savoirs ethnographiques, utilisés comme argument d'une démonstration inscrite dans un débat intellectuel à plus large échelle, celui de la place de l'homo dans l'ordre de la nature.

Contexte

manager icon Responsables :
Hélène Marcotte
host icon Hôte : Université de Trois-Rivières

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