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Les cellules souches post-natales : potentiel pour la régénération et le génie tissulaire

NC

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Nadine Chouinard

Résumé du colloque

Les cellules souches sont à la base de la production, du renouvellement et du maintien des tissus. Étant donné leur exceptionnel potentiel de prolifération et de différenciation, les cellules souches possèdent un grand intérêt en tant que source de cellules pour régénérer les tissus lésés et palier le manque d’organes à greffer. Nous avons identifié la kératine 19 comme marqueur des cellules souches épithéliales de la peau et l’avons utilisé pour localiser les cellules souches in situ et in vitro dans les cultures et les peaux reconstruites par génie tissulaire. Ainsi, les cellules souches ont été localisées dans le renflement du follicule pileux et à la base des papilles dans les sites anatomiques sans poil. La proportion des cellules souches varie avec l’âge de la personne et selon les conditions de culture. En effet, le plus grand nombre de cellules exprimant la kératine 19 dans les tissus de nouveaux-nés correspond à une guérison plus rapide et à une plus longue survie des cultures issues de ces tissus. À partir de quelques centimètres carrés de peau, il serait possible de générer assez de cellules pour couvrir la distance terre-lune si l’on conservait toutes les cellules en culture. La nouvelle méthode de génie tissulaire que nous avons découverte, appelée auto-assemblage, permet de reconstruire des peaux in vitro dont les cellules souches sont conservées dans la couche basale de l’épiderme, la localisation idéale puisqu’elles demeurent en contact avec la membrane basale. Ces peaux reconstruites sont formées d’un épithélium d’une vingtaine de couches d’épaisseur qui contient les différentes couches épidermiques dont celle de la couche cornée lorsque les peaux sont cultivées à l’interface air-liquide. Dans le tissu qui recouvre la surface de l’œil, la kératine 19 est exprimée dans les cellules du limbe et absente de la cornée centrale. La reconstruction de tissus cornéens in vitro en utilisant les méthodes de génie tissulaire mentionnées ci-dessus donne lieu à des tissus plus transparents que lorsque des cellules cutanées sont utilisées. De plus, l’histologie des tissus reconstruits est très différentes. En effet, l’épithélium cornéen reconstruit est beaucoup plus mince que celui de la peau reconstruite, comme c’est le cas dans les tissus d’origine. Dans le domaine cutané, la culture d’un plus grand nombre de cellules souches permettraient d’améliorer le traitement des brûlés en reconstruisant plus rapidement les peaux in vitro tandis que dans le domaine oculaire, l’utilisation des cellules souches permettra de fabriquer des cornées autologues par génie tissulaire pour des applications cliniques telles que les brûlures chimiques de l’œil. À cette fin, l’utilisation des cellules souches post-natales pour produire des tissus reconstruits autologues et ainsi éviter le rejet des greffes serait d’un grand avantage. En conclusion, la poursuite des recherches sur les cellules souches post-natales ouvre des perspectives remarquables pour l’avenir du génie tissulaire.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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