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Les collagènes : des protéines ancestrales aux biomatériaux du futur

RG

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Robert Garrone

Résumé du colloque

L'évolution depuis la vie cellulaire individuelle vers les organismes pluricellulaires s'est traduite par la mise en place de systèmes de coordination. Le plus élaboré d'entre eux, le système nerveux, n'est pas apparu le premier. C'est un ciment intercellulaire -ou matrice extracellulaire- qui a constitué l'ancêtre des mécanismes intégrateurs. Au sein de la matrice extracellulaire, une famille de protéines, les collagènes, ont été des éléments constants, des éponges (les plus anciens animaux pluricellulaires) à l'homme. Les collagènes sont indispensables à la morphogénèse et forment l'environnement le plus intime des cellules. Tous les messagers externes qui aboutissent sur la membrane des cellules -hormones, facteurs de croissance, ions- vont interagir avec eux. Tout déplacement cellulaire va nécessiter leur désorganisation ou leur dégradation, que ce soit au cours du développement ou de processus pathologiques, en particulier cancéreux. On connaît aujourd'hui 25 types de collagènes dont 21 sont bien caractérisés. Les collagènes qui forment des fibrilles striées et ceux qui constituent la trame des membranes basales sont les plus ubiquitaires. Certains collagènes ont une répartition tissulaire très spécifique; d'autres possèdent des domaines interactifs avec d'autres molécules ou qui possèdent une activité biologique propre. Dans le règne animal, si les fibrilles striées et les membranes basales sont quasi constantes, des collagènes très particuliers sont aussi présents. Cette universalité des collagènes et l'importance de leurs propriétés biologiques expliquent leur choix comme biomatériaux dans l'ingénierie tissulaire. Grâce au génie génétique, il est désormais possible d'obtenir des collagènes "à la carte" dont on aura choisi à l'avance les propriétés désirées. Ces collagènes du futur sont déjà accessibles à partir de fermentations, par des levures, ou en champ, par des végétaux. Ces développements technologiques permettent de complètement contourner les risques biologiques issus d'extractions à partir de prélèvements animaux.

Contexte

manager icon Responsables :
Stéphane Gagné
host icon Hôte : Université Laval

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