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Les compléments des verbes de perception en portugais et en français

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Anne Rochette

Résumé de la communication

Les verbes de perception tels que "voir" se distinguent de la majorité des verbes matrices par la grande variété de constructions qu’ils admettent comme complément. Le but principal de cette étude est de mettre en correspondance les différents compléments possibles avec ce verbe dans deux langues apparentées, le français et le portugais. En français, le verbe "voir" peut introduire un SN, une complétive à temps fini, une complétive à l’infinitif avec un sujet réalisé lexicalement, une variété de petites propositions, où l’attribut peut être un SP, un SA ou une phrase à temps fini, une interrogative indirecte, et une construction gérondive. L’interprétation du verbe "voir" peut varier en fonction du type de complément introduit par le verbe. Ainsi, dans certains cas, le verbe perd sa valeur de perception directe et ne conserve qu’une interprétation liée à la perception indirecte. Le portugais possède une complémentation semblable à celle du français pour ce verbe, à laquelle s’ajoute toutefois un autre type de complétive propre à cette langue : la complétive avec infinitif fléchi. Deux constructions distinctes avec infinitif fléchi sont possibles avec "ver", la construction simple (Eu vi os meninos correrem 'J'ai vu les enfants courir-3pl.') et la construction avec la préposition "a" (Eu vi os meninos a correrem). Nous faisons l’hypothèse que l’utilisation de la préposition "a" en portugais correspond à la construction attributive avec une phrase à temps fini du français (Je voyais Pierre qui courait). Nous montrons que cette construction présente les propriétés typiques des constructions en petite proposition contrairement à celle où l’infinitif fléchi apparaît sans la préposition. En effet, le sujet de la petite proposition se comporte comme un objet du verbe matrice face aux tests syntaxiques classiques tels que la pronominalisation (Eu vi-os a correrem) alors que celui de la construction sans préposition ne permet pas une telle cliticisation (*Eu vi-os correrem). Nous proposons d'analyser la construction sans préposition comme une occurrence de complétive infinitive de même nature que la complétive à temps fini (Eu vi que os meninos correm) ce qui rend compte de l'impossibilité de cliticisation. Ceci nous amène à conclure que la construction avec infinitif non fléchi (Eu vi os meninos correr), qui permet la cliticisation sur le verbe matrice (Eu vi-os correr), doit également s'analyser comme une occurrence de petite proposition, tout comme la structure équivalente du français.

Contexte

Section :
Linguistique
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Linguistique
host icon Hôte : Université de Montréal

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Thème du communication :

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