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Les conditions du plaisir dans des récits d'horreur

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Mónica Zapata

Résumé du colloque

Certains récits courts de Silvina Ocampo, auteure d'Argentine, présentent la particularité de faire cohabiter des motifs d'horreur avec des traits d'humour. Meurtres, viols, cannibalisme, corps déformés, sont des manifestations de l'abjection, à côté desquelles se retrouvent mots d'esprit, ironie, parodie, recours au cliché et au détail kitsch. Le tout d'ailleurs est marqué par le sceau de la répétition. Or, il ne s'agit pas là d'une simple juxtaposition de termes antinomiques mais bel et bien d'une conjuration de l'horreur par le rire d'une part, par le dire de l'autre. Kitsch, cliché et mention parodique renvoient à du déjà connu, voire à du trop bien connu. Rendus dérisoires par l'usure, ils font rire. Ils se situent, de plus, à l'extrême opposé de l'abjection, qui se soutient du je-ne-veux-pas-connaître, de ce que je dois écarter pour vivre. Ils viennent ainsi la conjurer, la résorber, rassurant, réaffirmant le sujet dans son désir de vie et non retour mortifère, et en vient, par le connu et l'étrange, la répétition réussit à rendre familiers l'innommé et l'inquiétant. Elle se fait défense de vie et non retour mortifère, et en vient, par le connu et l'étrange, mais à l'intégrer dans la dynamique équilibrée du récit. L'équilibre qui s'installe entre la détente du rire et la jouissance du dit constitue un meilleur écran, le meilleur obstacle - condition du plaisir - contre cette autre jouissance, mortifère, qui appelle à se mordre à travers l'abject.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

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