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Les coulées d'argile dans la formation des basses terrasses du Saint-Laurent et de l'Outaouais

PJ

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Paul J. Lajoie

Résumé du colloque

Les basses terrasses du Saint-Laurent et de l'Outaouais se seraient formées sur des coulées d'argile. L'étude stéréoscopique de photos aériennes couvrant d'immenses étendues de coulées a permis de concevoir à la fois l'ampleur et la complexité du phénomène des coulées d'argiles. Les branches d'arbres fossiles, le podzol sableux enfoui dans l'argile, les enclaves de sables, les mélanges d'argile brune avec l'argile grise, les strates sédimentaires bousculées en position oblique ou verticale, témoignent de coulées d'argile sur plusieurs points des basses terrasses du Saint-Laurent et de l'Outaouais. Les coulées d'argiles sont apparamment dues à la liquéfaction en profondeur d'une partie du sédiment argileux. L'évidement par le fond de l'argile liquéfiée est immédiatement suivi de l'évacuation de ces mêmes matériaux argileux par les eaux du fleuve ou de la rivière. L'évidement entraîne l'effondrement chaotique de l'argile de surface avec, le cas échéant, son manteau de matériaux sableux ou graveleux. Ce processus se produit en dessous d'un terrain absolument plat, sans pente. Le poids des matériaux de surface agit comme un piston dont la poussée verticale force l'évacuation du liquide boueux. L'argile saturée d'eau laissée sur la basse terrasse tend à reprendre un profil horizontal, surtout lorsque cette terrasse, formée sous l'eau, demeure longtemps submergée après s'être formée. Les premières coulées n'ont été possibles qu'après les premières entailles fluviales du Saint-Laurent et de l'Outaouais dans l'argile. À cette époque (entre 8000 et 6000 ans BP), la couche d'argile susceptible de se liquéfier devait se situer peu profondément, peut-être à 10 ou 15 mètres de la surface. Dès que le lit des cours d'eau s'est enfoncé au-delà de cette profondeur critique, les coulées d'argile se sont produites. L'argile liquéfiée a été emportée en suspension par les eaux courantes et le lit du cours d'eau s'est élargi pour recouvrir toute l'étendue de la coulée. Par la suite, l'évidement par le fond se répète à la base de la nouvelle berge. Les plus anciennes basses terrasses comme celle de l'Assomption, où des branches d'arbres fossiles ont été découvertes, remontent probablement à plus de 7000 ans, tout comme celles des anciens lits de l'Outaouais. En effet, sur l'ancienne basse terrasse outaouaise de Mer Bleu, les plus vieux grains de pollen remontent à 7650 ±120 BP (GSC-681, Blackburn). De plus, sur la basse terrasse de l'actuelle rivière des Outaouais, un fossile de chêne provenant de la région d'Angers (Québec) date de 6240 ± 70 ans BP (GSC-2068, 1974).

Contexte

manager icon Responsables :
Clément Prévost
host icon Hôte : Université d’Ottawa

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