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Les emblèmes de la maladie. Dialogue du corps et de l'âme

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Frédéric Charbonneau

Résumé du colloque

Considérant surtout des mémoires (d'Aubigné, La Fayette, Gourville, Huet, Rousseau), je souhaite réfléchir ici sur une forme d'éloquence corporelle qui échappe aux catégories habituelles d'actio, de pantomime, d'expression des passions et même d'habitus; cette forme, c'est la maladie. En effet, à l'âge classique comme à d'autres, les symptômes morbides parlent fortement de celui qui en est le siège, surtout au regard de l'éthos. L'âme et les moeurs s'expriment au travers du corps en crise, davantage peut-être qu'au travers du corps sain, comme par un principe de concentration tragique. Par choc en retour, les maladies — ainsi que les blessures, à cause de la proximité de la mort qu'elles suggèrent — ont le pouvoir d'exacerber la qualité morale du sujet. Ce double phénomène, par lequel l'âme et le corps entrent en dialogue, témoigne de la nature de leur lien et détermine certaines conditions de lisibilité. Complémentaire et symétrique de l'âme, le corps malade parle un langage à la fois équivoque et clair. En effet, ses signes se prêtent à la lecture de plusieurs points de vue — religieux, médical, philosophique —; davantage encore, ils suscitent des interprétations divergentes au sein de chaque discipline. De tels débats engagent le caractère ésotérique de cette éloquence et une définition du bon lecteur comme initié: aux yeux de celui-là seul, le discours du corps perd son obscurité et devient transparent. Sans y voir un paradigme contraignant, j'aimerais proposer un rapprochement de cette herméneutique et de celle qui s'applique à la devise, dont le Corps — la figure — et l'me — le mot — s'unissent pour exprimer l'héroïsme de qui la porte, en un langage inaccessible au profane.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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