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Les évidences infigurables

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Marie-Hélène Boblet

Résumé du colloque

L’aventure de Hiroshima mon amour engage Duras à collaborer avec Alain Resnais à un projet de commande émanant du comité de mémoire de la seconde guerre mondiale. Les images existantes sur Hiroshima (au titre des documents d’archives, entre autres du documentaire Les enfants d’Hiroshima de Kaneto Shindo) et les images à venir du cinéaste (documentaires et fictionnelles) s’entrelaceront, seront «montées» à la faveur du dialogue écrit par Marguerite Duras. Ce dialogue débute par l’aveu d’un échec, celui du voir et celui de l’écrire. «Tu n’as rien vu à Hiroshima», première réplique du film, dit «mon échec», commente Duras. Elle glose la déperdition entre l’histoire écrite par la romancière et l’histoire tournée par Resnais, résume le détournement de la commande par l’écriture poétique, par ce qui reste possible pour une écriture poétique sous la menace universelle, cosmique, de la bombe atomique. Sur un mode plus récitatif que démonstratif, plus proche de l’opéra que du réquisitoire, le dialogue opère le lien entre la modalité épique et la modalité lyrique, l’image perçue et l’image mentale, le regardant et le regardé. Le rythme propre au dialogue durassien dicte le montage des images par collision, répétition, rayonnement. C’est l’invention d’une fable stéréotypée mais aussi archétypique qui naît de la parole. Comme dans Moderato Cantabile, la parole invente l’histoire. Mais ici, l’histoire se donne en spectacle, le voir et la voix sont indissociables l’un de l’autre.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Chicoutimi

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