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Résumé du colloque
La lecture la plus immédiate des Dialogues sur la religion naturelle, fondée sur sa source cicéronienne, De la nature des dieux, fait du personnage de Philon, réincarnation de l’académicien Cotta, le porte-parole du discours sceptique. Nous voudrions montrer qu’il n’y a pas un lieu d’expression du scepticisme dans les Dialogues sur la religion naturelle, mais des lieux, non seulement parce que le personnage de Cléanthe endosse une partie du scepticisme empiriste de Hume, mais aussi parce que le personnage de Déméa, souvent considéré par les commentateurs comme une synthèse de différentes sources dogmatiques, et accusé par ses interlocuteurs dans le dialogue de défendre un « mysticisme » susceptible de dégénérer en « athéisme », endosse aussi une forme de scepticisme désavouée par Hume. Ce scepticisme, antérieur à lui, soupçonné de libertinisme (en dépit de ses déclarations en faveur de la Révélation), triomphe dans le Dialogue au sujet de la divinité de La Mothe Le Vayer, mais s’enracine plus profondément dans les pages 512-536 (éd. Villey) de l’Apologie de Raymond Sebond (où Montaigne s’en prend aux « babils » sur la divinité). La recension des différents lieux du scepticisme dans les Dialogues sur la religion naturelle, permettra, sur fond d’une critique sceptique commune de l’anthropomorphisme, de différencier les discours sceptiques sur la religion qui y sont présents, à partir d’une différenciation des rapports entre savoir et croire.
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