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Les médecins, l'État et la formation du réseau québécois de sanatoriums antituberculeux

FG

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François Guérard

Résumé du colloque

L'implantation d'un réseau d'hôpitaux antituberculeux au Québec, du début du XXe siècle jusque dans les années 1950, s'est effectuée pour une bonne part au rythme des interventions des gouvernements provincial et fédéral. Graduellement, les dirigeants politiques en vinrent à admettre le besoin de rehausser les dépenses publiques pour lutter contre la tuberculose. Ils suivaient ainsi en partie les recommandations du corps médical dont d'éminents représentants ne cessèrent de revendiquer une participation accrue de l'État. J'entends me pencher ici sur les moyens utilisés par ces médecins en vue de convaincre les gouvernements de leur fournir les outils désirés, plus précisément afin d'obtenir les fonds indispensables à la construction d'hôpitaux spécialisés et à l'hospitalisation des patients. Ce faisant, je serai amené à préciser les modalités de la formation du réseau de sanatoriums québécois et la nature des rapports entretenus entre les principaux intervenants: médecins, gouvernement, clergé. Le programme antituberculeux mis de l'avant par certains médecins québécois à partir du début du siècle nécessitait d'importantes ressources humaines et financières. Il leur fallait donc obtenir l'appui des groupes les plus influents dans la société, seuls en mesure de mobiliser pareilles ressources. Tout un discours, pour l'essentiel emprunté à l'étranger mais adapté au contexte québécois, fut mis au point qui ciblait les grandes préoccupations des milieux d'affaires, du clergé francophone et des hommes politiques. Ce discours appelait l'action étatique et la légitimait. Il représentait la tuberculose comme un fléau national, une cause d'affaiblissement et de dégénérescence de la collectivité québécoise, un frein à sa productivité en biens et en services, voire même une menace à son existence. Du même souffle, il traçait la voie à suivre selon les directives de la science et sous la supervision des médecins. Dans l'ensemble, par étapes, le programme antituberculeux fut mis en oeuvre et des sanatoria construits. Pour les médecins, ce fut toutefois au prix d'un partage de l'autorité dans les établissements avec d'autres intervenants.

Contexte

manager icon Responsables :
Camille Limoges
host icon Hôte : Université de Trois-Rivières

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