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Les mères qui tuent

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Hélène David

Résumé du colloque

La question du filicide commis par une mère a été très peu étudiée sous l’angle psychanalytique. Il sera donc question ici de poser un regard psychanalytique sur ce geste meurtrier. Qu’ont de semblable, de spécifique ou de commun à leur vie et à leurs pensées ces mères pour en arriver à poser un tel geste? Les femmes que j’ai rencontrées tuent, disent-elles, pour l’amour d’un homme qui les a quittées. Pourquoi et comment une peine d’amour avec un homme peut-elle se transformer en meurtre d’enfant? Pourrait-on alors transformer la proposition habituellement entendue de « mère dénaturée qui tue son enfant » en celle de « mère nature qui se déchaîne », justement à cause de son statut de mère? Si l’enfant tué est fortement investi de représentations idéalisées, qui tue-t-elle en le faisant disparaître? Serait-ce sa propre toute-puissance qu’elle doit anéantir, ou celle du père de l’enfant, lui-même investi par cette femme de représentations assez primitives. Le paradoxe de la survie de la mère au-delà du meurtre pourrait nous interroger sur sa condition essentielle à demeurer en vie : avoir fait disparaître toute trace de prolongement narcissique très idéalisé et demeurer, hébétée mais vivante, sans corps, sans statut, sans sexe. Le meurtre passionnel constituerait-il une rencontre tragique de pulsion de vie et de destruction où à la fois il y a une fonction de lier psychiquement l’enfant à sa mère, et une fonction de le séparer de celle-ci, en arrachant à la vie cet enfant qui tentait, peut-être un peu trop, de se sauver de ce lien mortifère? Il sera question de discuter de causes profondes, rarement rapportées dans la littérature, pouvant provoquer un geste aussi dramatique.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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