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Les mots juxtaposés dans "Le semestre" de Gérard Bessette

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Geneviève Prévost

Résumé du colloque

Ces séquences d'éléments lexicaux, simili-mots composés auxquels nous donnons le nom de « mots juxtaposés », sont nombreuses dans le huitième roman de Bessette : nous en avons relevées plus d'un millier. Déjà dans L'incubation, l'auteur fait se succéder synonymes et quasi-synonymes, mais sans recourir au trait d'union. Dans Le semestre, le procédé prend toute son ampleur. Il nous paraissait intéressant d'établir quels types de mots sont susceptibles d'être juxtaposés, dans quel ordre et de quelle manière ces séquences lexicales s'inscrivent dans le roman. Pour produire différents effets (insistance, succession dans le temps, cumul de qualités, contradictions internes...), l'écrivain exploite les multiples ressources de la langue (synonymie, dénotation et connotation, niveaux de langue, anglicisme, néologie...). La créativité linguistique dont il fait montre se situe apparemment aux antipodes de l'insécurité linguistique propre aux Québécois. Cette recherche formelle et sémantique s'oppose par ailleurs au réalisme qui caractérise la littérature joualisante et qu'on peut observer dans La bagarre. On peut cependant parler d'« hyperréalisme » littéraire puisque ces successions de mots s'apparentent aux processus sous-jacents à l'acte de langage. En refusant de faire des choix sur l'axe paradigmatique, le romancier reproduit les hésitations du locuteur qui n'arrive pas à trouver le mot juste. Ce faisant, Bessette prend le lecteur à témoin de son travail de création et donne aux monologues intérieurs d'Omer Marin une dimension introspective qui convient tout à fait à la démarche psychanalytique du personnage.

Contexte

manager icon Responsables :
François Dumont
host icon Hôte : Université Laval

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