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Les promesses de la culture et des arts comme réponse tardive à la relance du quartier Saint-Roch à Québec

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Guy Mercier

Résumé du colloque

Saint-Roch, à l’instar de nombreux quartiers centraux nord-américains, connaît de profondes transformations depuis une quarantaine d’années. Frappé durement par la restructuration économique, l’évolution des modes d’habiter et la concurrence des banlieues en pleine expansion, ce quartier de Québec a perdu le privilège d’être un pôle résidentiel, commercial et industriel rayonnant sur l’ensemble de la région. Cette situation inspire, depuis les années 50, un volontarisme étatique dont l’intention est de redonner à Saint-Roch, à défaut de son ancienne centralité, une place non négligeable dans la vie de l’agglomération. Malgré les efforts des autorités publiques, la revitalisation de Saint-Roch se fit longuement attendre. Au point où ce programme urbanistique était devenu, au fil des années, un redoutable défi: les échecs successifs avaient rongé l’optimisme des investisseurs et brouillé les rapports avec la population locale. Depuis quelques années toutefois, on constate un changement de tendance, si bien que Saint-Roch paraît désormais vivre sous le signe du renouveau: les artères principales sont embellies, plusieurs bâtiments anciens sont recyclés pour loger des institutions, des organismes ou des commerces, d’autres sont convertis en appartements modernes. De même, les terrains vacants, jadis nombreux et parfois très vastes, disparaissent peu à peu sous des édifices neufs à vocation résidentielle, commerciale ou institutionnelle. Et cette transformation du cadre bâti - preuve d’un afflux financier - s’accompagne d’une évolution sociologique, puisqu’une nouvelle population, plus instruite et plus argentée que la moyenne du quartier, se dirige aujourd’hui vers Saint-Roch pour y habiter, y travailler, s’y instruire ou s’y détendre. Un bilan provisoire de la reprise de Saint-Roch permet de reconnaître, au plan général, une double orientation. D’une part, on favorise, là où c’est possible, le recyclage des bâtiments anciens afin de mettre en valeur le patrimoine du quartier. On tente ainsi de se démarquer d’une pratique architecturale et urbanistique qui, pendant plus de trente ans, avait plutôt privilégié, en vue de soutenir l’essor du secteur tertiaire à Saint-Roch, la construction de nouveaux équipements, souvent de grand gabarit et détonnants dans la trame urbaine traditionnelle. Cela témoigne du souci actuel d’offrir avant tout un cadre de vie de qualité aux habitants du quartier, alors qu’auparavant affaires et emplois avaient eu la priorité. D’autre part, on constate la multiplication dans le quartier d’édifices publics et privés destinés aux arts, aux spectacles, à l’innovation et aux loisirs. Cette nouvelle vocation reçoit d’ailleurs l’appui des autorités municipales, l’objectif étant “d’habiliter Saint-Roch au titre de centre-ville culturel” afin qu’il devienne, au sein de l’agglomération de Québec, “le quartier latin du XXIe siècle”. Le récent renouveau de Saint-Roch suscite, il va sans dire, l’intérêt du public et la fierté des autorités municipales. Bien que certains restent encore sceptiques, plusieursy voient le présage d’un développement durable. Pour notre part, nous examinerons, dans cette communication, quelle est la nature et la genèse de cette réhabilitation tardive de Saint-Roch par la fonction culturelle, de même que nous tenterons d’en dégager la signification et d’en mesurer la portée.

Contexte

manager icon Responsables :
Diane Saint-Laurent
host icon Hôte : Université d’Ottawa

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