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Résumé du colloque
Les Voyages extraordinaires de Jules Verne sont souvent perçus comme une louange continue des découvertes techniques et industrielles de la seconde moitié du XIXe siècle ; ils chanteraient le progrès et la mainmise de l’homme sur la nature, pour n’évoquer des jours plus sombres qu’à partir des années 1880, alors que les promesses du positivisme perdent leur crédibilité. La réalité est plus complexe, comme en témoigne le rôle que joue la nature dans l’œuvre de Verne. Si le romancier évoque longuement le rêve saint-simonien d’une nature qui offrirait ses richesses à l’homme, enfin parvenu à un degré de connaissance suffisant pour lui permettre d’en extraire tous les bienfaits, il n’est nulle part question dans l’œuvre vernienne d’une exploitation outrancière du sol et de ses ressources. Bien au contraire, les premiers Voyages extraordinaires mettent déjà en garde contre les abus auxquels pourrait s’abandonner une humanité trop rapidement pourvue de moyens d’action dont elle ne mesure pas toujours l’impact. Ce fragile compromis entre une utilisation excessive par l’homme de richesses qui lui reviennent de droit et le respect des ressources naturelles se traduit dans les romans verniens par une ambivalence entre l’homme et la nature, issue des mythes antiques (Atlantide) et des modèles plus récents (Darwin, Robinson) qui composent l’imaginaire collectif. Je montrerai ainsi combien l’image du cercle, du retour inéluctable au statu quo (machines détruites par la foudre ou le tempête, îles englouties dans une éruption volcanique) à la fin des romans caractérise la domination ultime de la nature. Les hommes dépendent en effet de son bon vouloir ; si un savoir précis leur est nécessaire pour avoir accès à ses bienfaits et en vivre comme de la prodigalité d’une mère nourricière, ainsi que le montrent les petites communautés abandonnées à elles-mêmes sur des îles dont Verne s’est plu à faire le sujet de plusieurs de ses romans, c’est à la nature que revient de mettre fin ou non à cette relation quasi-filiale, sans que les connaissances ou les constructions humaines ne puissent s’y opposer. L’étude des rapports entre l’homme et la nature chez Jules Verne est donc révélatrice des ambiguïtés de son œuvre face au progrès, dont elle représente certains paradigmes tout en excluant d’autres motifs pourtant inhérents à son temps.
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