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Les savoirs infirmiers au Québec au XXe siècle : une histoire mouvementée

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Yolande Cohen

Résumé du colloque

L'éducation constitue un enjeu majeur dans la définition des professions, et occupe une place centrale dans les rapports de pouvoir qui les déterminent entre elles. Elle apparaît comme un instrument essentiel pour définir un avenir professionnel plus autonome et qui vise à libérer les infirmières de cette double domination, des médecins et du système de santé. À cela, il faut ajouter un troisième élément, déterminant dans l'analyse de cette profession, qui est le rôle social et politique attribué aux soins. Au Canada, comme dans bien d'autres pays industriels, le soin n'a pas acquis une grande valeur marchande; dévalué, il est en outre attaché à des savoirs féminins qui sont peu valorisés dans le marché du travail. Le dilemme des soins infirmiers est donc de sortir de cette triple subordination en définissant un champ de pratique plus autonome, établi sur des savoirs particuliers, qui requièrent une formation spécifique et dont la rémunération refléterait une vision plus équitable du travail ainsi réalisé. L'objet de cette communication est de montrer les transformations des savoirs infirmiers au cours du XXe siècle, et les conditions qui ont marqué la formation des infirmières au Québec. Parce qu'ils cristallisent les ambitions des élites infirmières à chaque période, les cours d'enseignement supérieur, les Instituts et plus tard les Facultés des Sciences infirmières (FSI) serviront de trame à cette analyse. L'hypothèse développée consiste à montrer que le recrutement d'un personnel qualifié pour assurer des soins continus aux patients détermine en grande partie les qualités requises des infirmières depuis le début du siècle. Ces contraintes, liées au marché de l'emploi des femmes, des hôpitaux et des médecins d'une part, et des politiques sociales de l'état et des politiques académiques de l'autre, ont pesé de façon importante sur la formation infirmière. Ainsi déterminés, les savoirs infirmiers devront en outre compter avec les pesanteurs confessionnelles, dont ils sont imprégnés. Ensuite, nous chercherons à montrer en quoi ces savoirs se distinguent des autres (féminins, médicaux etc..), et si on peut parler d'une voie québécoise de formation infirmière, distincte de celle des anglo-protestants canadiens et américains, ou de celle franco-catholique et laïque des français. L'étude plus globale vise à faire le point sur la question du statut des sciences infirmières par rapport aux autres disciplines académiques.

Contexte

manager icon Responsables :
Francine Major
host icon Hôte : Université de Montréal

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