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L'évaluation de technologies : éléments de causalité versus irréversibilité

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Diane Raymond

Résumé du colloque

Dans le secteur de la santé, le partenariat entre entreprises privées et organismes publics pour l'évaluation de technologies ouvre des perspectives intéressantes pour une prise de décision éclairée considérant l'allocation des ressources disponibles. Cependant, les prérogatives sur lesquelles se basent les projets d'évaluation, très souvent associés à l'identification des coûts et bénéfices, soulèvent certaines questions car les principaux acteurs impliqués ont des postulats à la fois implicites et explicites sur la technologie comme outil de travail, la nature des activités professionnelles en situation réelle et les interactions entre les différents groupes professionnels (incluant la délimitation des champs de compétences). De plus, certaines critiques adressées à ce type d'évaluations soulignent leur caractère instrumental et leur absence de fondements théoriques. Est-il ainsi possible d'établir vis-à-vis des technologies des liens univoques de cause à effet? Pourtant, force est de reconnaître que jusqu'à présent la trajectoire des technologies s'est avérée plutôt complexe à saisir. Au-delà d'un choix de méthodologie, nous posons la question : «Qu'est-ce que faire une évaluation de technologie?». Pour saisir la dynamique fine d'une évaluation, nous resituons le processus à travers la grille d'une série de réseaux constitués par des acteurs (Callon, 1991). L'évaluation devient une démarche collective réunissant une diversité de partenaires appartenant à des univers distincts de pratique (gestionnaires, entreprise, usagers). Ces acteurs mobilisent dans leurs discours une série d'éléments et de concepts (ex., ce qu’est la technologie, l’approche clinique auprès des patients) et cherchent à créer des équivalences (des «traductions») entre leurs «mondes respectifs» où les définitions peuvent largement varier. Plutôt que de considérer l'évaluation en fonction de prévisibilité des faits, nous la considérons en termes de convergence de réseaux, de normalisation, voire d'éléments d'irréversibilité. Mais ce point d'arrivée est la résultante d'un processus souvent laborieux de négociation (Akrich, 1993) ce qui diffère d’une approche qui chercherait à extraire certains éléments de leur environnement (particulièrement la technologie) auxquels on accorderait une logique interne et une autonomie propre qu’il serait possible de saisir aisément (créant ainsi des «boîtes noires»). Cette opération délimitée par une série de règles spécifiques à chaque milieu inclut à la fois des éléments de rhétorique sur l'objet technique mais aussi un processus coopératif qui permet d'établir un consensus relatif dans la démarche (Star, 1989). Cette grille d'analyse sera illustrée à partir d'un projet d'évaluation de technologie destinée à la surveillance cardiaque réalisé dans un centre hospitalier.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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