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L'expérience du blanc dans Les saisons en cause de Jean Tortel

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Marc André Brouillette

Résumé du colloque

Le poète français Jean Tortel [1904-1993] s'est longuement interrogé, tout au long de son œuvre, sur la relation entre la perception, l'espace et le langage. Il a cherché à «parle[r] l'espace» en exploitant différentes marques spatiales contenues dans le langage. Un texte poétique, par ses «modes de signification» (Meschonnic, 1982) spécifiques tels que la disposition graphique, la structure syntaxique ou l'énonciation, manifeste et produit une expérience perceptuelle singulière de l'espace. Ma communication portera sur l'emploi des déictiques dans le recueil Les Saisons en cause (1987), et démontrera comment ceux-ci inscrivent des repères spatiaux et renvoient à une expérience subjective de l'espace. À l'aide de certaines théories de l'énonciation (Benveniste, 1966; Kerbrat-Orecchioni, 1980), j'exposerai de quelle façon l'acte de désignation (positionnements dans l'espace) instaure dans les poèmes de Tortel une relation entre le sujet et un espace donné. En m'inspirant de travaux de Collot (1989), je montrerai que cette relation est rendue possible par les fonctions référentielle et métaphorique des déictiques : la référence suscite l'acte d'imagination et vice-versa. Cette interaction, présente dans le langage, révèle le mode d'appréhension du sujet. Cette analyse permettra de constater que l'expérience perceptive de l'espace se structure en partie dans le discours (Merleau-Ponty, 1969), et que le mode de désignation et de figuration des déictiques procède, tel un miroir, par réflexion : le sujet est réfléchi par l'objet désigné dans l'espace au moyen du langage.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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