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L’Héritage de Victor-Lévy Beaulieu ou le mythe hystérique de (re)création

ML

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Manon Lewis

Résumé du colloque

Véritable regressus ad uterum sur fond d’inceste et de littérature, le téléroman de Victor-Lévy Beaulieu apparaît tel un mythe cosmogonique. Une lecture religiosymbolique permet en effet de dévoiler les structures mythiques présentes dans L’Héritage. La saga beauleusienne met en scène des acteurs de texture légendaire, des messies à la Galarneau plus grands que nature et destinés par leur patronyme à faire la pluie et le beau temps. Personnages hors du commun, ils accomplissent des actions extraordinaires qui engendrent des réalités nouvelles, inaugurant un commencement des Cieux en un lad. C’est le récit d’une création qui se décrit comme L’Héritage. « non pas historiquement, mais hystériquement », précise Beaulieu. « Ni le Canada ni le Québec ne sont historiques, au sens large du mot. Et, lorsqu’on n’a pas d’histoire, qu’on n’assume pas, on ne peut qu’en devenir hystérique... » Le terme d’hystérie paraît d’emblée évocateur: hustera, en grec, veut dire matrice. L’image matricielle est certes révélatrice non seulement par son association au principe féminin, mais également pour la compréhension des diverses phases du téléroman — et, en effet de citation, oserions-nous dire, par l’effet de création dans sa totalité — de l’œuvre de Beaulieu. Plongées dans la immensité vernesque dépourvue de la moindre lumière, les créatures vitellines y attendent la délivrance. Celle-ci n’est rien de moins que la naissance d’une nouvelle « race de monde », la réédification du ciel québécois.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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