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L'hexahomosérine: un antagoniste de la lysine

ÉP

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Édouard Pagé

Résumé du colloque

L'acide α-amino-ε-hydroxycaproïque, synthétisé pour la première fois par l'un de nous et appelé hexahomosérine (HHS), ralentit la croissance chez le rat et provoque l'anémie. L'addition de 2% d'un extrait de foie (Liver fraction « L ») à un régime contenant 1.5% d'hexahomosérine n'affecte en rien les propriétés toxiques de ce composé (tab. 1). L'addition au régime de 2.0 mg. % d'acide folique s'est aussi avérée inefficace. Il ne semble donc pas que les vitamines du complexe B puissent prévenir ou corriger l'action anémiante de l'hexahomosérine. Par contre, l'addition d'un excès de dl-lysine (6%) à un régime complet contenant 1% d'hexahomosérine prévient l'anémie et améliore sensiblement le taux de croissance (tab. 2). Ces résultats portent à croire que l'hexahomosérine est un antagoniste de la lysine puisque son action anémiante peut être prévenue par un excès de lysine (nous avons démontré dans une autre expérience que la lysine seule ajoutée au régime de base n'a pas d'effet hématopoïétique). Il semble de plus que l'hexahomosérine inhibe en partie la croissance non seulement en tant qu'antagoniste de la lysine mais aussi en maintenant un taux très élevé d'azote aminé dans le sang, ce qui doit affecter défavorablement la concentration cellulaire des autres acides aminés. Ceci expliquerait pourquoi un supplément de lysine n'améliore que partiellement le taux de croissance. Cet effet protecteur de la lysine est tout aussi marqué chez le rat préalablement soumis à un régime dépourvu de lysine (zéine-tryptophane), puis recevant à la fois l'hexahomosérine (1%) et 1% de lysine (tab. 3). TABLEAU 3. — LYSINE ET ACTION ANÉMIANTE DE L'HEXAHOMOSÉRINE CHEZ LE RAT PRÉALABLEMENT CARENCÉ EN LYSINE La durée de la période de carence en lysine fut de 43 jours, et la période expérimentale de 21 jours. Des dix rats recevant 1% d'hexahomosérine seule, quatre moururent avant la fin de l'expérience. Il n'existe pas de différence significative entre les deux groupes recevant la lysine, tandis que les rats recevant l'hexahomosérine seule s'anémièrent profondément. L'antagonisme entre la lysine et l'hexahomosérine semble donc bien établi. Enfin, l'acide amino-adipique (AAA), un dérivé biologique de la lysine, n'a pas d'effet anémant si on l'ajoute au taux de 2% dans un régime complet. Ce composé n'antagonise pas non plus l'action anémiante de l'hexahomosérine si on administre les deux composés simultanément à des rats préalablement carencés en lysine. Ceci est illustré au tableau 4. En conclusion, l’hexahomosérine exerce une action antilysine qui se manifeste par l’anémie et que l’on peut prévenir en augmentant la quantité de lysine du régime. Ni les extraits de foie, ni l’acide folique, ni l’acide aminoadipique n’ont d’effets comparables à ceux de la lysine. 1 GAUDRY, Roger. Can. Jour. Res., B 26 : 387-392. 1948. 2 PAGÉ, Édouard, Roger Gaudry et R. Gingras. J. Biol. Chem., 171 : 831-832. 1947.

Contexte

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Biologie générale
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