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Résumé du colloque
On observe qu'un enfant qui apprend sa langue première ne prononce pas tous les sons ou toutes les syllabes des mots qu'il produit. Par exemple, en français, des mots comme crapaud [krapo] et réveillé [reveje] peuvent être prononcés [xapo] et [eje], respectivement. Des études ont été proposées pour rendre compte de ces réductions, qui sont communes à tous les enfants. Par exemple, Smith (1973) propose pour l'anglais une analyse par règles d'élisions. Par ailleurs, Fikkert (1994) doit faire appel à des diacritiques pour rendre compte des alternances observées dans l'acquisition du hollandais. Ces analyses ne sont cependant pas basées sur des principes généraux en phonologie, ce qui leur confère un caractère plutôt ad hoc. Je propose donc une contre-analyse en termes de limitations prosodiques. L'hypothèse de départ est que les réductions observées chez l'enfant sont dues au fait qu'il ne peut produire, aux premiers stades d'acquisition de sa grammaire, qu'une partie des structures prosodiques de sa langue. D'une part, je propose que la réduction des groupes consonantiques est causée par des contraintes au niveau des constituants syllabiques. D'autre part, je propose que la perte de syllabes dans un mot est régie par une limitation au niveau du mot prosodique dans la phonologie de l'enfant. Cette analyse permet d'éviter le recours à des stipulations arbitraires. Elle fait plutôt appel à des principes déjà existants en phonologie pour expliquer des faits observés à travers les langues.
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