pen icon Colloque
quote

L'inculturation transnationale de la musique liturgique au Québec

SC

Membre a labase

Sylvain Caron

Résumé du colloque

Depuis la réforme liturgique promulguée par le Concile Vatican II, le concept d'inculturation a été à la base de nombreux changements. On entend par inculturation les diverses adaptations de la liturgie dans sa pratique au sein des cultures. Certes, une liturgie repose sur la transmission d'un héritage stable, qui se perpétue à travers des rites, des textes et de la musique. Mais, pour être reçu, cet héritage doit pouvoir convenir à une culture donnée. C'est ainsi qu'une certaine tension entre héritage et culture est nécessaire. Or, le contexte pluraliste de la société occidentale, exacerbé par l'importance du subjectivisme, rend désuet le rapport à la tradition qui a prévalu jusqu'à une époque récente. Partagée entre l'atomisation et le conformisme, comment la musique liturgique peut-elle encore aujourd'hui parvenir à l'inculturation ? Pour répondre à cette question, je ferai une mise en perspective historique. Au Québec, le mouvement des années 60 en musique liturgique se caractérise d'abord par la montée d'un nationalisme. En réaction à l'envahissement d'un répertoire venu de France, plusieurs mouvements visent à susciter la création faite « par » et « pour » les gens d'ici, dans un langage qui touche directement la culture populaire. Le chansonnier québécois servira ici de modèle. Toutefois, d'autres courants vont influencer les pratiques musicales, notamment le genre gospel, popularisé par John Littelton. En outre, le mouvement charismatique va véhiculer un type de répertoire à base de sentimentalisme. Dans les années 80, un retour du balancier commence à s'opérer, au profit d'un rapport plus étroit avec la tradition. Lors de la visite du pape, en 1984, pas moins de 17 articles paraissent dans les journaux pour dénoncer la musique pratiquée dans les églises. La question fondamentale qui est soulevée concerne la substance même de la culture musico-liturgique : se définit-elle uniquement par ses éléments populaires et immédiats, ou une certaine perspective historique et esthétique doit-elle y trouver place ? Dernièrement, la collaboration québécoise au recueil de chant D'une même voix est révélatrice de plusieurs éléments inédits. Ce recueil est le fruit d'une collaboration avec des Belges, des Français et des Suisses, et comporte une partie de répertoire commun à tous les pays. De cette manière, les créations québécoises commencent à prendre place sur la scène internationale, et un certain équilibre entre culture populaire et culture savante est en train de se construire. Peut-être est-ce là un moyen d'éviter les pièges du conformisme et de l'atomisation, tout en contribuant à établir des liens permettant un enrichissement culturel mutuel au sein de la francophonie.

Contexte

manager icon Responsables :
Martin Geoffroy
host icon Hôte : Université du Québec à Rimouski

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :