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L'ordre matrimonial à l'automne du moyen âge et la police des mœurs

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Andrée Courtemanche

Résumé du colloque

L'ordre matrimonial qui s'instaure à l'automne du moyen âge impose aux partenaires le respect de règles réitérées par des ordonnances municipales quoiqu'elles ressortissent du domaine religieux; la fidélité des conjoints au serment sacré et, parfois aussi explicite, au serment de Manosque, la chasteté pré-nuptiale des jeunes filles. En garantissant la pureté du lignage, ces règles balisent étroitement le champ de l'honneur des femmes, de leur réputation à sauvegarder. Nulle conduite compromettante, nulle parole accusatrice ne saurait instiller le doute sur leur pureté. Si l'instance judiciaire semble être le mécanisme normal, légal de contrôle de ces règles, dans leurs travaux, Ph. Ariès et J. Rossiaud en confient également la surveillance aux jeunes gens contraints au célibat prolongé, membres des abbayes de jeunesse et auteurs de charivaris. Toutefois, un analyse des procédures criminelles concernant certains délits de parole apporte une nouvelle dimension à l'étude de ce phénomène de l'exercice de la "police des mœurs". Elles impliquent des femmes épouses ou veuves pour la plupart, accusées d'avoir "semé" publiquement des paroles diffamant l'honneur d'autres femmes: célibataires ou épouses celles-là, c'est-à-dire d'avoir corrompu des mœurs supposant des relations charnelles désordonnées, en rupture avec l'ordre social. Par la dénonciation publique de celles qui ont, ou auraient, ainsi forfait à l'honneur féminin, les aînés s'insèrent donc dans le processus de désignation de celles qui ont convenu à l'honneur. Dans ce contexte, elles s'arrogeraient une part non négligeable du pouvoir de coercition sociale et participeraient au mouvement de renforcement de la morale matrimoniale.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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