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L'œuvre à refaire : existence de l'œuvre en tant qu'exposée et attitude de l'artiste face à sa recréation

RG

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Richard Gagnier

Résumé du colloque

Lorsque l’on pense aux particularités de la ré-exposition de certaines œuvres contemporaines, la présentation successive peut apparaître problématique. Ainsi, il existe des œuvres qui n’ont d’autre vie comme entité que lorsqu’elles sont exposées car elles exigent d’être reconstruites ou refabriquées à chaque présentation. Leur documentation tient cependant un rôle primordial en ce qui a trait à la méthode à suivre. Deux œuvres, « Vanitas : Flesh Dress for an Albino Anorectic » (1987) de Jana Sterbak et « La Voie Parfaite » (1994) de Nicole Jolicœur sont examinées à la lumière de ce processus. La célèbre « robe de viande » de Jana Sterbak fait partie des œuvres qu’elle qualifie d’objet performatif. Durant le cours de l’exposition, un principe actif est mis en jeu modifiant l’apparence de l’œuvre, ici les morceaux cousus de bifteck de flanchet. À chaque présentation, l’œuvre doit être fraîchement fabriquée afin de révéler le processus de vieillissement, puis détruite. Le lieu d’exposition devient l’atelier d’expérimentation pour l’artiste. La présentation successive a fait que certaines caractéristiques visuelles de l’œuvre, en particulier le support de la robe elle-même, ont été modifiées conduisant à certains glissements de sens sans pour autant remettre en cause son intégrité. « La Voie Parfaite » de Nicole Jolicœur pose le problème de sa re-présentation autrement. En effet, cette installation composée principalement de cinq épreuves à la gélatine argentique complétées par leur voilage de soie très savant et précis demande justement la répétition à l’identique des nœuds et drapés, comme l’artiste les a développés, car ils concourent au développement de sens de l’œuvre. Or cette documentation de la façon de faire est très difficile à établir, exigeant un apprentissage auprès de l’artiste dont la méthode tient énormément de sa propre subjectivité.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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