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Matérialité de la langue et expressivité du corps dans la poésie de Pierre Reverdy

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Jacques Audet

Résumé du colloque

La poésie de Reverdy ne peut être réduite à une esthétique du regard, à une poétique picturale ou typographique, car de nombreuses autres questions la traversent, entre autres celles de l’expression, du corps, de la matière du langage, sur lesquelles je travaillerai. Je tenterai de décrire une partie des enjeux de l’écriture poétique de Reverdy par l’examen et la confrontation de deux séries de représentations : d’une part, celles du corps comme moyen expressif, d’autre part, celles du langage comme matière sensible. Il se trouve, autant dans les poèmes que dans les écrits réflexifs de Reverdy — sa poétique d’auteur —, diverses références à la synesthésie (ce « chemin de la peau ») et à la physiognomonie (l’esprit étant révélé par le visage, mais surtout, étonnamment, par la main), qui montrent un corps à la recherche de l’expression. Parallèlement, on voit la langue se faire matière sensible, prendre corps d’une façon spécifique : ni du côté des poétiques vocalistes (Rimbaud, Spire, Ghil), où la langue se charge de lumière, de couleurs, ni du côté des consonantistes (Claudel), où la langue en arrive à se confondre avec le souffle corporel, la langue reverdyenne est dure matière, bloc, métal, pierre, pointe, que le poète n’écoute ni ne sent en lui, mais met à sa main. Mais ces représentations — entrecroisement du corps et de la langue, tel que thématisé dans la poésie et la poétique — peuvent-elles être rattachées à l’organisation du sens du poème ? Participent-elles du style, c’est-à-dire de l’invention d’une forme propre à la pensée ? En esquissant des réponses à ces questions, j’espère contribuer à définir la spécificité de l’écriture de Reverdy.

Contexte

host icon Hôte : Université d’Ottawa

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