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Métalloprotéinases lors de l'implantation et de la placentation

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Paul A. Bischof

Résumé du colloque

Lors de l'implantation, le blastocyste humain pénètre l'endomètre de manière intrusive grâce à la formation de pseudopodes trophectodermiques qui progressent entre les cellules épithéliales utérines jusqu'à atteindre la membrane basale sous-jacente. Graduellement, le placenta se différentie et met en place les villosités placentaires. Certaines villosités flottent librement dans l'espace rétro-placentaire (les villosités flottantes) alors que d'autres forment une zone de contact avec la décidue maternelle (villosités crampon). À la pointe de ces dernières, la couche syncytiale se rompt, permettant aux cellules trophoblastiques (CTB) sous-jacentes de se multiplier et d'envahir l'endomètre décidualisé y compris les artères spiralées et le tiers proximal du myomètre. L'implantation et la placentation chez l'humain sont ainsi caractérisées par deux vagues successives d'invasion. On considère aujourd'hui que la métastatisation tumorale, l'implantation blastocystaire et la placentation utilisent des médiateurs biochimiques communs afin d'assurer une invasion cellulaire optimale. Nous avons montré que les CTB humaines sécrètent des métalloprotéases matricielles (MMP) qui ont la capacité de digérer les composantes de la membrane basale ou de la matrice extra-cellulaire endométriale. Ainsi les CTB du premier trimestre de la gestation expriment-elles tout l'arsenal protéolytique leur permettant de franchir la membrane basale et la matrice extra-cellulaire endométriale. Les CTB reconnaissent leur environnement immédiat grâce à des récepteurs de surface appelés intégrines. Lors de l'invasion trophoblastique les CTB modulent l'expression de leur intégrines afin de s'adapter au milieu dans lequel elles se trouvent. Nous avons observé que les CTB exprimant le récepteur de la laminine avaient une activité protéolytique significativement plus élevée que celles qui exprimaient le récepteur de la fibronectine. Selon nos observations, l'endomètre contrôlerait donc le degré d'invasion trophoblastique. Toutefois la modulation de l'activité gélatinolytique par les intégrines n'est pas le seul mécanisme capable de limiter l'invasion trophoblastique. En effet des travaux en cours dans notre laboratoire montrent que les cellules déciduales sécrètent des cytokines (TGFß, LIF, IL-1 et TNFß) qui modulent l'activité protéolytique des CTB. Le rôle respectif de ces différents mécanismes régulateurs de l'invasion trophoblastique reste encore à être élucidé.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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