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Résumé du colloque
Les nouvelles technologies de la communication généralisent des procédures qu’inaugurait le cinéma, lieu, pour nous, de la rupture entre un système d’écriture et de figuration ancestral construit sur la linéarité, la délinéation et le tabulaire, l’accumulatif, le monté ? Certes, le montage précède le cinéma, il se déploie dans et via le mécanique (voir Descartes). Mais à l’enchaînement fonctionnel auquel on croit l’asservir (l’ordre scriptural) il substitue lentement et souterrainement la juxtaposition et l’alternance, le battement. Dès lors la vue additive laisse place à la mémoire combinatoire : leur disparition et les traces mnésiques que laissent l’image et le son dans le spectateur supplantent les effets de présence, la contemplation, l’être-là. Il en va du principe même du "mécanisme de base" du cinéma (photogrammes). La mémoire opère donc par montage d’éléments entrevus et toujours abolis dans le temps de leur perception discontinue. Les moyens de stockage et de diffusion que les nouvelles technologies apportent élargissent ce phénomène en le complexifiant quantitativement : avec eux, la permutation des données se conforme moins que jamais à un asservissement réglé. Quelques œuvres vidéo telle celle de Godard dans ses Histoire(s) du cinéma, le CD Rom de Chris Marker ou les installations de Pierre Huygue en donnent une approximation. Le premier travaille le procédé du palimpseste, de la réminiscence et des métamorphoses, le second de l’arborescence, le troisième, dans des installations en boucles, fait déplacer les données à chaque boucle et établit de nouveaux circuits entre elles. Entre ces deux moments d’articulation entre montage et mémoire, celui du cinéma – jusque dans des propositions-limites (cinéma expérimental notamment) – et celui de l’ordinateur, assiste-t-on à un passage d’un état à un autre ? Le stockage des données, actualisables à tout moment, les associations induites par leur co-présence (liens), autant dire l’extériorisation du travail de la mémoire, reformule-t-elle la notion même de montage "mental" telle qu’entendue à la base du "mécanisme cinématographique" ?
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