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Mutation paradigmatique et nouvelles formes relationnelles entre employeur et salariés : vers une meilleure compréhension de la notion de partenariat patronal-syndical

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Jean-François Tremblay

Résumé de la communication

Au cours des dernières années, bon nombre d'expériences coopératives novatrices sont survenues entre employeurs et salariés (Bourque, Hamel et Levesque, 1999; Bergeron et Bourque, 1996; Cutcher-Gerhenfeld, Power et McCabe-Power, 1996; Lecourt, 1995). Ces expériences de coopération patronale-syndicale s'inscrivent dans la mouvance des changements importants survenus dans le système des relations industrielles. Ces changements émanent notamment de l'intensification des pressions concurrentielles découlant entre autres de la libéralisation des échanges commerciaux et par des changements technologiques dans les modes de production de même que des changements dans les pratiques de gestion (Kochan, 1995; Chaykowski et Verma, 1992). Ces modifications contextuelles ont contribué à accentuer la perception négative des acteurs organisationnels concernant la survie de certaines entreprises (et des emplois) les incitant ainsi à coopérer dans leurs pratiques. À cet effet, plusieurs auteurs mentionnent que la coopération patronale-syndicale constitue la voie à privilégier afin de rencontrer les défis de l'économie de cette fin de siècle (Kochan, 1996; Chaykowsky et Verma, 1992; Verma et Weiler, 1995; Smith, 1993; Dion, 1993). Par ailleurs, on assiste à l'utilisation de plus en plus fréquente dans la littérature d'un néologisme servant à désigner une relation de coopération entre deux agents. Apparu au début des années 1980 dans les dictionnaires de langue courante, le terme "partenariat" se voit associé dans la littérature en relations industrielles à une "nouvelle (?)" approche des relations de travail qui serait plus participative, plus coopérative et moins conflictuelle. Toutefois le concept de partenariat reste à ce jour un objet d'étude relativement embryonnaire et en cours d'élaboration conceptuelle. La désignation nominale du concept associé à diverses expériences de coopération, souvent complexes et hétérogènes, sème également la confusion sur la substance réelle du terme. La revue de la littérature nous a cependant permis d'identifier les principales dimensions associées au concept. Elles ont été regroupées sous un même construit afin de permettre une compréhension plus éclairante et structurante de cette notion complexe. Il nous importait également d'effectuer une vérification empirique afin de constater si les dimensions du construit du partenariat patronal-syndical identifiées dans la littérature sont inhérentes aux expériences québécoises dites de partenariat ou de contrat social ? Pour les fins de cette étude exploratoire, nous avons étudié le cas de trois organisations de secteurs économiques distincts (pâtes et papiers, transformation alimentaire et municipal) ayant contracté des ententes de partenariat avec leurs salariés. Le contenu des conventions collectives fut analysé ainsi que celui de diverses autres sources d'informations institutionnelles. Ces analyses furent appuyées par des entretiens semi-directifs avec des représentants de l'employeur et du syndicat de chacune des organisations. Au terme de cette démarche, une définition du concept est proposée. Il nous fut possible, dans la majorité des cas, de retrouver de manière formelle dans les ententes conventionnées ou encore de manière informelle dans le discours des intervenants organisationnels rencontrés, les dimensions associées au construit. Par ailleurs, nos analyses montrent que le partenariat patronal-syndical est un "work in progress" dont la forme optimale reste encore indéterminée. À cet effet, notre étude révèle spécifiquement le caractère polymorphique des ententes de partenariat de même que leurs limites. Contrairement à ce qu'il fut théoriquement proposé, la participation ouvrière ne semble pas s'étendre au niveau stratégique de l'organisation, de la même façon que les nouveaux pouvoirs octroyés aux salariés se révèlent être essentiellement dans chacun des trois cas, des pouvoirs de recommandations dans le cadre de comités paritaires. Nous avons cependant observé un réel élargissement des enjeux de la négociation collective qui découlent de certaines innovations conventionnées.

Contexte

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Administration et gestion
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