pen icon Colloque
quote

Note sur deux kermès de l’épinette: Adelges abietis L. et Physokermes piceae Schr.

AR

Membre a labase

Adrien Robert

Résumé du colloque

Un peu partout dans la province de Québec, les épinettes plantées comme arbres d’ornement, surtout l’épinette de Norvège, hébergent deux kermès qui leur causent un tort considérable. Au cours de l’été 1948, l’auteur a suivi de près le développement de ces deux homoptères dans la région de Berthierville. a) L’Adelges abietis L. La forme hivernante est aptère et à un stade peu avancé. Les premières chaleurs du printemps la remettent en activité; elle prend alors de l’embonpoint et mue apparemment une couple de fois. Vers le 15 mai, elle atteint sa maturité; elle se présente alors sous la forme d’une petite masse blanchâtre, cotonneuse, fixée à la face inférieure des rameaux, non loin d'un bourgeon. En quelques jours, elle a déposé de soixante à cent oeufs jaunâtres, tous reliés par un filament très fin au rameau ; mais, en bonne mère, elle s'intéresse à sa progéniture qu'elle protège de son corps laineux jusqu'à éclosion. La majorité des oeufs ont éclos, en 1948, les 30 et 31 mai et immédiatement les larvules ont envahi les tendres aiguilles des bourgeons à peine épanouis. Une semaine plus tard, les galles étaient parfaitement formées et, à l'intérieur de chaque aiguille constituante, de deux à dix nymphes y poursuivaient leur développement. L'été ne fut pas remarquablement chaud en 1948. Aussi, ce n'est que durant les derniers jours d'août que cette génération gallicole compléta son cycle. À partir du 28 août, les galles ont commencé à s'ouvrir et les nymphes encore aptères sortirent et gagnèrent les aiguilles de l'extrémité des rameaux. Après quelques heures de vie à l'air libre, les nymphes subirent leur dernière mue ; des individus ailés apparurent alors. Le premier soin de cette deuxième génération de kermès, apparemment tous du sexe femelle comme la première génération, fut de libérer leurs oeufs qui, après éclosion, donneront les larves hivernantes. Les premiers jours froids d'octobre interrompent la croissance. La jeune nymphe se retire généralement à la base d'une aiguille et là s'enveloppe d'un manchon de laine. Cette exsudation abondante diminue sa taille et, sans doute, lui fait perdre un fort pourcentage de son eau de constitution. De verdâtre qu'elle était, elle passe au noirâtre. L'Adelges abietis s'installe d'abord sur les branches avoisinant le sol et, à mesure que celles-ci se dessèchent, il gagne les branches de la cime. Une fois installé dans une plantation d'épinettes, si on n'enraye pas sa multiplication, il a tôt fait de ruiner la splendeur d'un parc ou d'un parterre. Le feuillage devient d'année en année moins dense ; les nouvelles pousses perdent la plupart de leurs aiguilles et les galles, sous forme de fruits desséchés et noircis, continuent à prouver le passage de cet ennemi de l'épinette. b) Le Physokermes piceae Schr. La présence de cet homoptère sur les épinettes est toujours difficile à déceler pour quiconque n'est pas familier avec le genre de dégâts qu'il provoque dans les plantations. Généralement, les symptômes sont plus visibles vers le milieu de l'été, alors que la couleur tendre des nouvelles pousses contraste davantage avec le feuillage terni et souillé des années précédentes. Dès le début du printemps, les larves se gorgent de sève et exsudent une miellée de plus en plus abondante. Elles errent d'abord sur les aiguilles, finalement elles s'attroupent par groupe de deux à huit autour des bourgeons. Ce sont alors de petites sphères brunes qui simulent des bourgeons nouvellement formés. L'arrivée au stade adulte s'effectue durant les derniers jours de juin. A cette époque, si l'on entr'ouvre l'une de ces masses brunâtres accolées à l'aisselle des rameaux, on aperçoit à l'intérieur plusieurs centaines de minuscules sphères rosées qui sont les oeufs. L'éclosion a débuté en 1948 vers le 6 juillet, mais l'exode général eut lieu vers le dix seulement. Les larves se dispersent en toutes directions, mais préfèrent apparemment s'installer sur les aiguilles nouvellement formées. Elles les dardent de leur rostre et y soutirent leur pâture. Les débuts de la croissance sont très lents. Cependant, elles muent deux fois avant les froids de l'automne. Dès la mi-octobre, elles sont inactives. On les aperçoit isolément ou par groupe de trois ou quatre dans la partie basiliaire des aiguilles. Un plus grand nombre s'en tassent sous les écailles des bourgeons de l'année précédente. Toutes se présentent sous une forme aplatie, à contour ellipsoïde, ayant une teinte brun rouge. Ce kermès s'installe d'abord sur les branches inférieures de l'épinette. L'abondante miellée de la larve, au printemps, adhère aux aiguilles et forme un milieu propice à la croissance d'un champignon. Les deux parasites provoquent chaque année une chute prématurée du feuillage et la mort de plusieurs branches.

Contexte

Section :
Entomologie
news icon Thème du colloque :
Entomologie
host icon Hôte : Université Laval

Découvrez d'autres communications scientifiques

news icon

Titre du colloque :

Entomologie

Autres communications du même congressiste :

news icon

Thème du colloque :

Entomologie