Résumé du colloque
L'Hepatica acutiloba DC. est disséminé dans l'est de l'Amérique du Nord sur un territoire d'environ 800,000 milles carrés, approximativement entre le 32° et le 47° de latitude nord, et le 70° et le 95° de longitude ouest. Sa limite au nord peut être tracée par une ligne partant du centre du Minnesota, passant par Duluth, descendant au centre du Wisconsin, remontant jusqu'au nord du lac Michigan pour aller rejoindre l'île Manitoulin ; de là, obliquant vers l'extrémité nord de la péninsule de Bruce, elle se dirige vers la ville d'Ottawa ; puis, longeant la base des Laurentides, elle vient finir au cap Tourmente, trente milles au nord-est de la ville de Québec.
A l'est, absent des provinces maritimes canadiennes et de la plaine côtière de l'Atlantique, il se retrouve le long des Appalaches, du New Hampshire jusqu'à l'Etat du Mississippi. Ses limites orientales coïncident approximativement avec une ligne qui part du cap Tourmente et, après avoir traversé la province de Québec, se dirige vers le sud en longeant la vallée de la rivière Connecticut jusqu'au nord-ouest de l'Etat du Connecticut pour ensuite obliquer vers l'ouest jusqu'au centre de la Pennsylvanie. De là, elle suit la direction sud-ouest en passant par l'extrémité ouest du Maryland, l'est de la Virginie occidentale, le sud-ouest de la Virginie, l'ouest de la Caroline du Nord, le nord-ouest de la Caroline du Sud et de la Georgie, le nord et le centre de l'Alabama, et va aboutir à peu près au centre du Mississippi où se trouve son point le plus méridional. Absent de la vallée du Mississippi jusqu'au sud du Missouri, on le retrouve cependant au nord-ouest de l'Arkansas. Ses limites occidentales ne dépassent pas le centre du Missouri, l'ouest de l'Iowa et le centre du Minnesota.
Cette délimitation précise de l'aire de distribution de l'Hepatica acutiloba a été rendue possible grâce à la collaboration de nombreux correspondants canadiens et américains qui ont eu la bienveillance de participer aux deux enquêtes instituées dans ce but. Par ce moyen, 99 botanistes du centre, de l'est et du sud des États-Unis et de l'est du Canada, ont fait parvenir à l'auteur de nombreux renseignements non seulement sur la distribution de l'hépatique à lobes aigus, mais aussi sur son comportement écologique. C'est donc en partie à l'aide des données reçues de ces correspondants que la carte de distribution détaillée de cette espèce a pu être établie. A cette source, il faut ajouter les excursions entreprises par l'auteur au Canada et aux États-Unis, ainsi que la consultation de la collection des relevés phytosociologiques du Dr Pierre Dansereau et de celle du Service de Biogéographie de la province de Québec.
On remarquera que, dans le tracé de la limite orientale, nous avons ignoré la présence de cette espèce dans le Maine. Bien que les grandes flores de l'est de l'Amérique du Nord étendent la distribution de l'Hepatica acutiloba jusqu'à cet État inclusivement, son indigénat en cette région demeure problématique. En 1947, le Dr F. H. Steinetz, dans une lettre à l'auteur, affirmait que la plante n'a pas été trouvée dans l'État du Maine depuis les vingt dernières années, bien qu'on l'eût cherchée comme espèce critique. Il conclut que la discussion quant à l'introduction de cette plante dans le Maine demeure ouverte. Des trois stations de l'État du Maine où elle a déjà été récoltée, les deux du sud sont éloignées d'au moins 75 milles de la vallée de la rivière Connecticut, considérée comme la limite orientale, puisqu'on ne la trouve plus aujourd'hui à l'est de cette vallée. La troisième station, celle du nord, est située à plus de 100 milles de la localité la plus orientale où la plante a été récoltée dans le New Hampshire. On sait, par ailleurs, qu'elle peut se transplanter facilement, même à des distances considérables en dehors de son aire générale de distribution. Il se peut donc que cette espèce ait été introduite dans le Maine. De toute façon, nous croyons que la précarité de son statut d'indigénat dans cet État nous justifie de placer sa limite orientale plus à l'ouest, c'est-à-dire à la vallée de la rivière Connecticut.
Il ressort de la distribution donnée au début de cette note que l'Hepatica acutiloba s'étend, au sud et au sud-ouest, plus loin que la Georgie et le Missouri, limites données jusqu'ici par les flores.
Les renseignements qui nous ont permis de corriger la limite méridionale de cette espèce nous ont été transmis par les Drs R. M. Har'er, du Geological Survey of Alabama, D. De'aree, de l'Arkansas State College, D. M. Moore, de l'University of Arkansas, et Y. Desmarais, alors de l'University of Wisconsin, maintenant à l'Université Laval de Québec. Le Dr Har'er attirait, en 1906, l'attention des botanistes sur la présence de cette espèce dans trois comtés de l'Alabama. Dans une communication à l'auteur, il signale qu'il l'a depuis remarquée en quelques autres endroits du même État sur des falaises schisteuses (shale cliffs), tandis que, dans les trois premières stations, la plante fut trouvée sur des escarpements subcarbonifères (subcarboniferous bluffs).
En même temps qu'il faisait connaître la découverte de l'Hepatica acutiloba dans l'Alabama, le Dr Har'er notait que la plante pourrait tout probablement être trouvée dans l'État du Mississippi étant donnée la proximité de cet État avec la station la plus occidentale de l'Alabama. En effet, en 1927, elle y fut récoltée près de Laurel, comté de Jones (L. Donald). C'est la station la plus méridionale connue. Le Dr Desmara's nous a procuré ce renseignement d'après un spécimen de l'herbier de l'University of Wisconsin.
Dans le nord-ouest de l'État de l'Arkansas, la présence de l'Hepatica acutiloba nous a été signalée par les deux correspondants de cet État déjà mentionnés.
Contexte

Hôte :
Université Laval