pen icon Colloque
quote

Orlan, la beauté profanée. Ou quand le féminin dégoûte

LT

Membre a labase

Lucille Toth

Résumé de la communication

Orlan, performeuse française, crée dans les années 1990 un nouveau genre: le Carnal Art. À la différence du Body Art qui s'intéressait, principalement dans les années 1960 et 1970, aux limites d'une enveloppe corporelle, d'un corps "vu", le Carnal Art utilise la chair. L'art charnel a ainsi deux cibles : détruire la notion chrétienne du corps en tant que "don de Dieu" et re-questionner le rapport entre art et médecine tout en dévoilant ce qui était habituellement caché dans la salle d'opération. C'est ce deuxième point qui m'intéressera ici. Comment l'esthétique que choisit Orlan rallie-t-elle Art et Médecine en dépassant "the old 19th century hierarchy of omnipotent physicians and passive patients", comme l'écrit Kate Ince dans son livre Orlan, Millenial Female ? Et, plus encore, je me concentrerai sur la chirurgie esthétique et sur le projet politique et esthétique d'Orlan. Qu'est-ce que l'artiste remet en question en utilisant la chirurgie esthétique pour s'enlaidir au lieu d'embellir son visage? Car elle prétend avoir le menton de la Vénus de Botticelli, les yeux de la Diana de Fontainebleau, les lèvres d'Europa de Gustave Courbet, le nez de Psyche de Jean-Léon Gérôme et le front de la Joconde. Quelle belle ironie que ces icônes de beauté qui font d'elle un monstre. Elle profane donc le féminin tout en profanant les icônes bien connues.

Résumé du colloque

Notre colloque se veut un événement destiné aux échanges entre pairs. Plusieurs des participants se sont rencontrés en mai dernier lors d’un colloque à l’Université de Montréal (Malaises : la fissure dans la littérature et les autres arts) où nous avons pu constater un intérêt marqué pour cette question du sacré dans le contexte littéraire. Ce colloque sera l’occasion d’explorer plus amplement cette question pressante et de consolider du même coup une communauté de pensée entre comparatistes.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :