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Par-delà le devoir d'enracinement

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Daniel Tanguay

Résumé du colloque

L'intellectuel québécois représente un cas typique de schizophrénie culturelle. Par la nature de son travail, il tend à s'arracher à sa particularité en vue d'atteindre l'universel. Cet arrachement ne se produit toutefois pas chez lui sans être accompagné d'une certaine mauvaise conscience. Cette mauvaise conscience provient du fait que la tension vers l'universel est souvent perçue dans notre imaginaire culturel comme une trahison ou une aliénation de notre particularité dite nationale. Les figures du vendu, du traître, de l'aliéné, du colonisé hantent les cauchemars des intellectuels québécois. C'est pourquoi ces derniers s'efforcent désespérément de "faire peuple", de "faire authentique", sous-entendant par cet effort que la vérité la plus profonde de notre être serait du côté de notre particularité souvent la plus brute. Si ce mot ne faisait pas fuir les intellectuels québécois modernes, nous pourrions dire qu'ils sont toujours en quête de la tradition ou d'un enracinement dans celle-ci. Or, ils savent pourtant bien que cette tradition est au bout de son sang depuis longtemps déjà. Que cela ne tienne, à cette tradition ils ont substitué une culture populaire souvent bâtarde qui charrie tant bien que mal des éléments empruntés à cette tradition. La "vraie" culture passerait ainsi par l'enracinement dans un terroir fictivement reconstitué et celui qui contreviendrait à cette exigence d'enracinement serait tenu pour un intellectuel colonisé par un faux universel. Nous voulons montrer que cette figure de conquête de l'universel par l'enracinement, comme peut-être aussi le nationalisme qui l'accompagne, a cessé d'être productive et qu'il serait désormais souhaitable de s'en émanciper.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

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