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Claudia Borgonovo

Résumé du colloque

Ce travail, qui porte sur les participes passés en français, en espagnol et en anglais, fait état des conditions morphosyntaxiques, sémantiques et aspectuelles qui permettent leur prédication au sein d'une projection nominale. Il est bien connu que les participes des verbes transitifs sont prédicables ainsi (1). (1) la maison détruite/la casa destruida/the destroyed house. Dans le cas des verbes intransitifs, il a été proposé que ce genre de prédication est possible avec les inaccusatifs téliques (2), mais impossible avec les inergatifs (3). (2) les feuilles tombées/ las hojas caídas/the fallen leaves. (3) *l’homme travaillé/*el hombre trabajado/*the worked man. L'hypothèse neutre voudrait que les verbes homologues dans les trois langues appartiennent à la même classe syntaxique et aspectuelle. Donc, les explications basées sur ces classes ne sauraient pas rendre compte du contraste surprenant que nous constatons entre le français, d'une part, et l'anglais et l'espagnol, d'autre part (4). (4) les invités déjà entrés/*the guests already entered/*los invitados ya entrados. Nous proposons deux conditions régissant la prédication par le participe en l'absence de Temps. Selon la première condition, les participes sont sanctionnés comme prédicats par l'association avec être/ser/be. La deuxième condition, indépendante de la première, permet la prédication par les participes de verbes de transition à un état spécifié (TES) c’est-à-dire, dont la structure événementielle est celle d'une transition culminant à un état pleinement spécifié. Nous démontrons que le prédicat dérivé d'un état pleinement spécifié est un prédicat statif, prédicable via la copule, tout comme un adjectif ordinaire. La première condition permet la prédication par les participes de verbes transitifs, même s’ils ne culmine pas dans un état spécifié, parce que l’association avec être/ser/be donne lieu à l’interprétation passive. La deuxième condition permet de distinguer entre les inaccusatifs de changement d'état, qui sont tous prédicables, et les inaccusatifs d'état, qui ne le sont pas, à cause de leur structure événementielle simple. Cette condition explique aussi l'agrammaticalité des exemples anglais et espagnol ci-haut, parce qu'il s'agit de transitions culminant non pas dans un état spécifié, mais plutôt dans un lieu. C'est la première condition qui sanctionne l'exemple français, parce que l'association avec être donne lieu à l'interprétation perfective. Il y a donc trois possibilités d'interprétation pour un participe adnominal: •passive, disponible pour les verbes transitifs en général, •stative, pour les verbes TES, •perfective, si le paramètre de la sélection d’auxiliaire associe le participe avec être. Notre analyse permet de faire deux types de prédictions. D’abord, en ce qui concerne la variation paramétrique, dans les langues qui font le même choix que le français pour le paramètre de sélection d’auxiliaire, les homologues de l’exemple (4) devraient être grammaticaux. La prédiction est confirmée par le néerlandais et l’italien. En ce qui concerne les ambiguïtés d’interprétation, l’analyse prévoit que les participes des verbes TES ont toujours l’interprétation stative; l’association avec être/ser/be donne lieu aussi à une interprétation d’événement, soit passive soit perfective.

Contexte

Section :
Linguistique
news icon Thème du colloque :
Linguistique
manager icon Responsables :
Zélie Guével
host icon Hôte : Université Laval

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Titre du colloque :

Linguistique

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