pen icon Colloque
quote

Pascal et la pensée morale au-delà des anamorphoses

ÉV

Membre a labase

Éric Van Der Schueren : Université Laval

Résumé du colloque

Pour Pascal, l'exercice de la pensée suppose encore le schème de la picturalité et donc de la perspective; tenir un propos éthique, sinon eschatologique, est conditionné par le fait de poser un regard. Dans les Pensées, ce n'est pas les objets à voir qui font défaut, mais le lieu d'où les regarder. Il n'y a pas de "point indivisible" d'où appréhender le monde, l'homme, sa finalité, car l'œil détaille à l'infini. En déshérence du regard de Dieu - œil du monde sur le monde (Scipion Dupleix) et tiraillé par l'aporie zénonienne, Pascal n'a pu évidemment achever son Apologie de la religion chrétienne, se déchargeant au mieux de son énonciation de moraliste sur le Christ pour qu'il se dise lui-même dans la reconnaissance de la quête dont il est l'objet, ou laissant la pensée dans le désordre de sa fragmentation et de son inachèvement, allégorèse instable et tourbillonnante de l'œil de Dieu, en ombre d'un regard trop humain. Du point de vue plus large de l'évolution de la pensée et de l'esthétique classique, l'Apologie est sans doute la première tentative de penser la chose et sa représentation hors du cadre faussement opérant des solutions scolastiques, certes, mais plus particulièrement de l'anamorphose avec lesquelles elle rompt sans cependant trouver une solution originale et définitivement ruptrice, succombant en dernière instance à l'allégorie du désordre.

Contexte

host icon Hôte : Université Laval

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :