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Résumé du colloque
Les microcystines sont des toxines naturelles des algues bleu-vert, les cyanobactéries. Ces dernières sont tuées par les traitements de désinfection mais leurs toxines, résistantes à ces processus, sont alors relarguées dans l’eau potable. Certaines cyanobactéries ne produisent cependant pas de toxines. Les sources d’eau riche en nutriments, ainsi que la présence de phosphates et de détergents, favorisent la prolifération des cyanobactéries qui forment une écume à la surface des plans d’eau (éclosion). La microcystine-LR (MC), dont les acides aminés variables sont la leucine (L) et l’arginine (R), est une hépatotoxine produite par Microcystis aeruginosa. Elle est retrouvée dans certains lacs au Canada. La chair de poisson pourrait concentrer la MC. Une étude épidémiologique a suggéré une association entre le cancer primaire du foie et la consommation d’eau provenant d’étangs contaminés par la MC. Santé Canada a adopté une concentration maximale acceptable de 1.5 mg/L d’eau potable basée sur un NOAEL de 40 mg/kg/d (hépatotoxicité aigue chez la souris) et un facteur d’incertitude de 1000. La MC est non génotoxique. L’administration ip de MC (2 fois par semaine) cause une promotion des tumeurs hépatiques induites par le DEN chez le rat à 10 mg/kg, mais pas à 1 mg/kg. Le présent projet vise à déterminer si l’administration orale répétée de MC cause une promotion de l’hépatocancérogenèse chez le rat. Un "medium-term bioassay" est utilisé : des rats âgés (absorption intestinale supérieure) reçoivent une injection i.p. de 200 mg/kg de diéthylnitrosamine et ils subissent une hépatectomie partielle à la semaine 3. La MC est administrée quotidiennement par gavage (0, 10, 40 et 80 mg/kg) de la semaine 2 à la semaine 8. Une promotion des tumeurs hépatiques, mesurée par le nombre de foyers positifs à la glutathion S-transférase placentaire (GST-P), est observée à la dose de 80 mg/kg p.c., mais pas à celle de 40 mg/kg; des témoins positifs reçevant 10 mg/kg de MC i.p. présentent aussi un nombre supérieur de foci. Ces derniers rats de même que ceux reçevant 80 mg/kg p.o., mais pas 40 mg/kg, présentent un adduit immunoréactif de MC à une protéine de 35 kDa (sous-unité catalytique des protéines phosphatase 2A). En résumé, ces données montrent que la MC prise oralement cause une promotion du cancer du foie, un effet non considéré dans la norme actuelle, et elles suggèrent la possibilité d’une base moléculaire (biomarqueur) pour l’évaluation du risque.
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