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Proust et le souvenir-écran

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Anne-Marie Rassiat

Résumé du colloque

Une question se pose aujourd'hui au lecteur comme à Freud : l'œuvre littéraire est-elle la sublimation réussie d'une névrose de l'artiste pour qui la réalité a été dépassée par la mise en œuvre d'un style, son propre symptôme ? Si l'artiste reste sujet à subir son symptôme dans la vie (d'où cette fameuse séparation proustienne "je/œuvre je/personne n'osera contester), l'œuvre, par son fonctionnement propre, nous propose la guérison, mais la forme de cette guérison détectée, et de surcroît, une forme de mort permettant de rendre, comme le dit Proust, la mort moins probable. Une séquence récemment analysée permet de confirmer cette hypothèse. À l'issue de la dernière série des promenades de Méséglise, le narrateur ramène Gilberte, petite-fille traitant un arrosoir vert parmi les fleurs. Dès ce moment, tout s'éclaircit et tout se trouble. Que les personnes et les choses citées y survivent même au Temps Retrouvé ? Avons-nous sous les yeux un souvenir-écran tel que Freud l'a décrit, souvenir tronqué dont la fausse innocence est finalement condamnée à se dissoudre et à disparaître, lorsque la vérité de ce faux mystère sera élaborée ? Pour nous, l'art proustien du récit consiste à surmonter l'intervention freudienne de dissolution jusqu'à rendre le souvenir inaccessible et indépendant de l'anamnèse psychanalytique laquelle ramène le faux passé du souvenir tronqué dans le présent immédiat non assumé du sujet. Pour l'artiste, l'image doit survivre. Une étude très serrée (grammaticale, stylistique,...) permettra de démontrer, par-delà les ressemblances, les différences fondamentales qui existent entre un symptôme et la description proustienne en quête d'éternité.

Contexte

host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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