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Quel est l’habitat de l’Heracleum lanatum Michx?

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Marcel Raymond

Résumé du colloque

Si on regarde la carte représentant l’aire nord-américaine de l’Heracleum lanatum Michx. (fig.), on voit une plante nettement subarctique existant depuis les îles Aléoutiennes, l’Alaska, la région du lac des Esclaves, puis le long de la côte du Pacifique jusqu’en Californie, quelques localités dans les Rocheuses, dans la Saskatchewan, au nord du lac Supérieur, plusieurs dans la région de la baie James, une très au nord dans la baie d’Hudson, un vide dans le centre du Nouveau-Québec, mais réapparition de cette grande ombellifère dans le sud du Labrador, à Terre-Neuve, le long de la Côte-Nord, abondance en Gaspésie, sur les rivages des Maritimes, puis de là jusqu’en Georgie, mais sur les montagnes seulement. Dans l’ensemble donc, une plante qui va passablement loin au nord et qui dans le voisinage de la mer devient une plante du littoral. -Aire de l’Heracleum lanatum Michx., compilée d’après Hultén, Raup, Roland, l’herbier Marie-Victorin et des notes fournies par le Service de Biogéographie, Université de Montréal. HULTÉN note que l’aire est continue sur les îles Aléoutiennes et déborde sur la Sibérie orientale. Dans les environs de Montréal, à plusieurs endroits, on peut voir l’Heracleum lanatum croissant le long des routes. Ces dernières années, au cours d’excursions en Gaspésie, le comportement de cette ombellifère nous a frappé. Il semble qu’elle a en fait trois habitats. Si vous vous rendez au mont Albert, par exemple, vous la rencontrez vers 1,800 pieds d’altitude, dans la prairie alpine, avant d’atteindre le sommet. Si vous allez au mont Jacques-Cartier, voyageant par la rivière à Claude ou par la rivière à Pierre, c’est le long des ruisseaux, vers 2,000 pieds d’altitude, que vous la voyez. Même observation à Percé, sur le chemin de la grotte, bien qu’à plus faible altitude. Vous trouvez cette plante associée à des éléments alpins ou à des éléments de la mégaphorbiée subalpine tels que Dryopteris Filix-mas, Pteretis pensylvanica, Sanicula marilandica var. borealis. Si on consulte la littérature, on trouve que Printz remarque la même chose en Sibérie et HULTÉN, au Kamtchatka. Les botanistes de l’ouest nous assurent que le phénomène est identique dans les Rocheuses. Je crois qu’il faut considérer l’Heracleum lanatum comme un élément de la mégaphorbiée subalpine, qui descend parfois au niveau de la mer et se comporte alors sur le littoral comme halophyte, et ailleurs en mauvaise herbe. Je ne dirais pas qu’elle n’est pas dans son élément sur le littoral maritime, en Gaspésie ou aux îles de la Madeleine, par exemple : il y a entre les habitats alpins et subalpins et les rivages maritimes une secrète affinité, mais lorsque la plante s’empare des fossés ou lorsqu’on la voit le long du chemin à Longueuil ou à Lavaltrie, nous sommes en face de la phase rudérale, si je puis dire, d’une plante primitivement subalpine ou tout au moins montagnarde dans l’ensemble de sa distribution. Signalons aussi que certaines halophytes se comportent parfois en rudérales : Atriplex hastata L., Hordeum jubatum L., Rumex pallidus Bigel., etc. L’auteur désire exprimer ses remerciements à MM. Pierre Dansereau et Albert Courtemanche, ainsi qu’au Fr. Lucien Lévesque, c.s.c., pour avoir mis à sa disposition les relevés pris au cours de leurs travaux écologiques. Bibliographie : HULTÉN, E. Flora of Kamtchatka and adjacent Islands. Stockholm. 1927-1930. — HULTÉN, E. Outline of the history of arctic and boreal biota during the quaternary period. Stockholm. 1937. — HULTÉN, E. Flora of the Aleutian Islands including western most Alaska Peninsula with notes on the Commander Islands. Stockholm. 1937. --- Hultén, E. Flora of Alaska and Yukon VII. Lund. 1947. --- Printz, H. The vegetation of the Siberian Mongolian Frontiers. Contributions de Floran Asie Interioirs pertinentes edité Henrik Parma. III. Trondjem. 1921. --- Raup, H. M. The botany of Southwestern Mackenzie. Sargentia VI. Jamaica Plain. 1947. --- Roland, A. E. The Flora of Nova Scotia. Proceedings of the Nova Scotian Institute of Science XXI (parts 3 and 4). Halifax. 1947. 1 Dans notre carte, nous n'avons indiqué les localités asiatiques d'Heracleum lanatum qu'avec circonspection, par manque de matériel d'herbier d'abord, et aussi parce que la plante de cette région a reçu des traitements divers. Maximowicz (1803), Komarov (1907) l'identifient à H. lanatum et ainsi procède Handel-Mazzetti qui prétend même qu'elle atteindrait le Yunnan au sud, mais Kitagawa subdivise la plante de l'Asie orientale et même de l'Amérique occidentale en quatre espèces : H. dulce Fisch. (Alaska, Aléoutiennes, Kamtchatka, Kuriles, Sachaline, Yeso et Honsyu); H. nipponicum Kitagawa (Japon moyen); H. Moellendorffii Hance in Trimen (Chine boréale, Mandchourie et Corée); H. barbatum Ledebour (Sibérie orientale, Mandchourie et Corée boréales). Voir : Kitagawa, Masao, Miscellaneous notes on Apiaceae of Japan and Manchuria III. Rep. Inst. of Scient. Research, Manchoukou, Vol II. No 7 : 273–281. Hinsching. 1938. Mais le comportement écologique semble être le même. Dans son expédition sibérienne, Printz note l'Heracleum dans les vallées de rivières, puis il précise que dans les monts Altai la plante se rencontre jusqu'à la limite des arbres. Au Kamtchatka, selon Hultén, "H. lanatum is a fairly common plant, occuring scattered here and there in the lowland meadows and their transitional associations to Filipendula thickets, in the sub-alpine meadows and the Betula forests. It is a stout plant...". (Flora of Kamtchatka III : 171–175. Fig. 18 et carte 596. Stockholm. 1929.)"

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