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Résumé du colloque
On parle aujourd'hui d'une série de transformations dans les sociétés modernes avancées qui seraient particulièrement visibles à partir des années 70. On désigne cette « nouvelle phase » par « société de risques », « deuxième modernité », etc. Ces transformations se produisent sur les plans économique, social, politique et culturel. Pour diverses raisons, le développement des sociétés modernes semble réclamer une nouvelle forme de relation entre les structures sociales (les institutions) et les divers acteurs du système social (Lash et Wynne). Apparaît alors du même coup un problème (culturel et pratique) d'adaptation de nos schémas mentaux aux problèmes du monde contemporain : nous ne pouvons continuer à penser les problèmes actuels avec la mentalité (schémas culturels, systèmes de pensée, rationalités, etc.) de la première modernité qui s'est constituée à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Que se passe-t-il alors avec la rationalité pénale moderne ? L'hypothèse à explorer ici est que nous faisons face à une situation qualitativement nouvelle qui est en train d'affecter fort négativement la justice pénale et qui réclame la construction d'une nouvelle rationalité en cette matière. Cette situation a été particulièrement stimulée, entre autres choses : 1) par l'évolution de nouvelles technologies d'information et leur application et effets dans le champ de la justice pénale; 2) par l'importance politique et scientifique accordée aux sondages de la prétendue « opinion publique » et aux enquêtes dites de « victimisation »; 3) par la croissante participation, dans les débats publics, des mouvements sociaux préoccupés par un engagement d'urgence dans une cause pénale précise. Ces facteurs, liés aux transformations sociétaires et aux caractéristiques de la justice pénale, ont produit des paradoxes et des effets pervers inattendus. L'auteur va traiter ici d'un cas de figure : la performance problématique du pouvoir législatif et du pouvoir judiciaire et les effets « répressifs » et rétrogrades des droits de la personne sur la justice pénale.
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