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Racine et l'imaginaire des Grecs

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Guillermo A. Toledo

Résumé du colloque

Certains vers des tragédies de Jean Racine restent sans annotation, alors qu'ils en auraient mérité une, à l'instar de celui-ci, repris dans Andromaque : « Allons, sur son tombeau, consulter mon Époux ! » Ce vers, désignant un improbable tombeau d'Hector, près de Buthrot, capitale de Pyrrhus en Épire, et non à Troie, ne se comprend que par l'une des sources latines du poème tragique, le chant III de L'Énéide, de Virgile. La communication s'axera autour de telles réminiscences qui font tinter en un syncrétisme parfois douteux du fait de l'esprit manipulateur et opportuniste de Racine, légendes grecques et passeurs latins - poètes et historiens, jusque dans l'improbable Bajazet, improbable à ce jeu des sources évidentes - ici, le locus amoenus de l'enfance, qui fleure la scénographie fondatrice du Phèdre de Platon, de même que, au milieu de la turquerie, jaillit, comme un faix d'une conception acquise du tragique, la reprise de l'hallucination d'Oreste à la fin d'Andromaque, dans les derniers mots d'Atalide. En plus de ce petit faisceau reconstitué des sources, il s'agira de pointer ultimement combien Racine fait sien l'imaginaire théâtral des Grecs, fût-il Romain, Ottoman ou Juif par les circonstances (de la commande, selon Jasinski), fondant une dramaturgie qui aura exploité l'héritage d'Eschyle (et le Latin Sénèque après lui) en sa fécondante inversion des polarisations des lieux et en son infernalisation de la scène (Les Euménides).

Contexte

host icon Hôte : Institut national de la recherche scientifique

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