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Rapports entre le mode de développement architectural des arbres et le statut successionnel des espèces dans le Québec méridional

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Jeanne Millet

Résumé du colloque

L’approche architecturale des arbres, telle que développée par Hallé et Oldeman (1970), nous permet aujourd’hui de suivre et de comprendre le mode de développement des espèces arborescentes des régions tempérées. Une question se pose: existe-t-il un lien entre les caractéristiques architecturales d’une espèce et son statut successionnel? Les résultats des analyses architecturales des principales espèces arborescentes retrouvées sur sols mésiques dans la région du Haut-Saint-Laurent (Québec) proposent qu’une telle relation existe principalement à l’échelle 1) du nombre de niveaux d’organisation dans la structure de l’arbre et 2) du potentiel de réitération dans la cime. Les espèces de début de succession (Populus tremuloides et Betula populifolia) présentent une architecture simple, hiérarchisée, fortement intégrée. L’organisation du système ramifié se conforme au même modèle architectural tout au long du développement de l’individu (un seul niveau d’organisation), ce qui favorise une montée rapide du tronc. La réitération totale dans la cime est très limitée. À l’opposé, les espèces de fin de succession (Tsuga canadensis, Fagus grandifolia et Acer saccharum) présentent une architecture plus complexe, à plusieurs niveaux d’organisation. Le tronc est le résultat de l’empilement de modules ramifiés dont les caractéristiques et les rapports de dominance sont sensibles aux conditions de l’environnement, ce qui confère à ces espèces une plus grande plasticité de la forme. La réitération dans la cime est abondante et favorise une prolongation de la durée de vie de l’arbre. Les espèces de mi-succession (Fraxinus americana, Ulmus americana, Tilia americana et Carya cordiformis) se situent entre ces deux extrêmes. Leur architecture hiérarchisée, fortement intégrée, favorise une montée rapide du tronc bien qu’elle permette, au besoin, une certaine plasticité de la forme. Ces espèces tirent avantage d’un bon potentiel de réitération dans la cime.

Contexte

host icon Hôte : Université McGill

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