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Ratio oratoria et conception de la raison au siècle des Lumières

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Marc-André Bernier

Résumé de la communication

En 1726, le père jésuite de La Sante place son enseignement oratoire sous l’égide d’une « raison assaisonnée », expression qu’il tirait du poète Jean-Baptiste Rousseau, qui empruntait lui-même cette métaphore de l’assaisonnement à la Rhétorique d’Aristote. Deux décennies plus tard, le cardinal de Bernis prétend que tous ses écrits n’offrent que « des tableaux riants et une raison aimable ». À la fin du siècle, Rivarol affirme qu’« il faut que la sèche raison cède le pas à la raison ornée ». Mais qu’il s’agisse d’une raison assaisonnée, aimable ou encore ornée, nous avons affaire, dans tous les cas, à une figure de la rationalité qui, en entremêlant charmes de la parole et exigences du raisonnement, sert de socle à l’alliance que nouent entre elles, au XVIIIe siècle, fictions épistémologiques et modernité philosophique. Voilà, du moins, ce qu’invite à penser l’œuvre de la marquise de Lambert et, notamment, ses Nouvelles réflexions sur les femmes (1727). Ce texte, sur lequel j’aimerais attirer l’attention à l’occasion de cette intervention, représente en effet l’une des expressions les plus achevées d’une culture à laquelle préside une conception oratoire de la raison. Cette raison aimable et ornée se définit, comme on le verra, en fonction d’un imaginaire philosophique que régit le salon féminin et qui s’incarne désormais, comme l’écrit l’abbé de Ponçol à propos de la marquise de Lambert, dans la figure de « Vénus au Lycée, ou Minerve à Cythère » (Code de la raison, 1778).

Résumé du colloque

Nous tiendrons notre assemblée générale annuelle en marge du colloque, mais également nous offrirons un cocktail et un buffet à nos invités, après l’assemblée générale en début de soirée lors de l’avant dernière journée. Nous décernerons également un prix pour la meilleure communication étudiante (1er et 2e prix), attribué lors de cette soirée.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

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