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Réduction des méfaits et stratégies d'empowerment : le passage du contrôle institutionnel à une autorégulation des conduites

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Bastien Quirion

Résumé du colloque

Longtemps considérée comme une alternative marginale, la réduction des méfaits est désormais reconnue à la fois par le politique et par les intervenants comme une avenue viable dans le champ de la régulation de la pratique psychotrope. Élaborée en réaction à une approche plus traditionnelle guidée par le précepte de l'abstinence, la réduction des méfaits s'est en partie développée autour de principes tels que le pragmatisme et l'humanisme, préconisant entre autres un recentrement de l'intervention autour de l'individu et de sa capacité à reprendre en main sa propre existence. L'importance accordée aux stratégies d'empowerment dans le cadre des programmes de réduction des méfaits fait écho à la dénonciation du caractère paternaliste et intrusif de l'intervention institutionnelle de type providentialiste. Ces nouvelles stratégies, orientées vers une responsabilisation accrue des bénéficiaires, s'appuient dès lors sur une critique en règle du « totalitarisme institutionnel » attribué aux différents mécanismes d'hétéro-contrôle (prohibition, traitement classique), au profit d'une forme autogérée d'émancipation. Prenant appui sur un discours se réclamant de la participation citoyenne, ces stratégies comme la critique sur laquelle elles reposent, contribuent en fait à une tendance plus générale qui renvoie, c'est notre hypothèse, à une définition néolibérale des rapports entre l'acteur et l'État. Une analyse politique plus approfondie de cette tendance à l'empowerment démontre en effet que, derrière la volonté de libérer l'individu du joug des mécanismes institutionnels de prise en charge, se profile une forme autorégulée de contrôle des conduites qui occulte certaines des dimensions disciplinaires propres au néolibéralisme.

Contexte

manager icon Responsables :
Céline Bellot
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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