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Refuser de traduire (et traduire ce refus) : un commentaire sur les esthétiques littéraires plurilingues

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Catherine Leclerc

Résumé du colloque

Les premiers écrits d’Antoine Berman dénonçaient vigoureusement l’invisibilité de la traduction comme « sujet de savoir ». Ils ont ouvert la voie à une série de travaux où la traduction est appréciée comme une source de savoirs spécifiques. Aujourd’hui, la traduction est même devenue un paradigme essentiel pour appréhender les phénomènes de croisement et d’interpénétration culturels dont regorgent les sociétés contemporaines. Avant même d’être traduites, maintes œuvres littéraires sont déjà informées par la pluralité des langues et par une démarche traductionnelle; certains « effets de traduction » peuvent y être repérés (Simon). Rendant compte d’œuvres africaines où plusieurs langues sont utilisées en alternance, Paul Bandiat parle à ce sujet de traduction dans le texte — une technique visant à éclairer une langue par une autre « without the intrusion of a deliberate attempt to translate ». À partir d’exemples québécois (entre autres Majzels), la communication proposée explorera les enjeux d’une telle technique quant au rôle de la traduction. Certes, le recours à plusieurs langues dans un même texte rend à la traduction et à ses processus toute leur visibilité, suggérant l’avènement d’une culture traductionnelle. Mais cette pratique semble aussi relever d’un refus de traduire — ou du moins, d’un refus de la traduction en tant que pratique où s’accomplit sans reste le passage d’une langue à une autre. En ce sens, elle montre la traduction comme le lieu à la fois d’une rencontre possible avec l’altérité (Berman) et d’une domination de la multiplicité des langues (Derrida). Cette posture ambivalente me semble mériter qu’on s’y arrête. Matérialisant le choc des idiomes, les stratégies par lesquelles elle se manifeste soulignent et dénouent tout à la fois le dilemne que l’acte de traduire peut représenter pour le plurilinguisme : à la traduction impossible et obligée, elles préfèrent substituer la traduction inachevée.

Contexte

host icon Hôte : Université de Montréal

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