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Réseaux de compétences et dynamiques locales

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Patrick Burlat

Résumé du colloque

Parallèlement à la réorganisation de leurs activités internes, les entreprises se sont depuis plusieurs années lancées dans des stratégies de désintégration verticale leur permettant de dépasser l'objectif de simple réactivité et de positionner leurs capacités concurrentielles sur la performance de leurs processus d'innovation. C'est dans ce contexte de profonde transformation des relations inter-entreprises, sur le plan des dynamiques relationnelles, organisationnelles et contractuelles, qu'a émergé une nouvelle forme d'entreprise : le réseau. Nous nous intéressons ici au "réseau d'entreprises", c'est-à-dire à des structures industrielles organisées collectivement sous la forme d'ententes horizontales (à la différence des "firmes réseaux" orchestrées par une firme pivot). La constitution de ces réseaux dynamiques aptes à mobiliser des compétences et des savoir-faire répartis entre des PME indépendantes renvoie à une révision des concepts de frontières de la firme, au point de permettre de qualifier ces nouvelles formes de "firmes sans frontières". En effet, en raison du processus de désintégration de ses activités et de leur recomposition cohérente au sein d'un réseau, les frontières classiques qui définissaient l'entreprise comme lieu de production ne sont plus pertinentes. Dans le même temps, il apparaît que les avantages des réseaux dynamiques d'entreprises résident essentiellement dans le fait qu'ils constituent un moyen privilégié d'accéder à des compétences externes tout en préservant l'indépendance de chacun des partenaires. C'est d'ailleurs ce que confirme une enquête récente qui montre que l'acquisition de savoir-faire et d'expérience constitue le but principal de la coopération entre industriels. La coopération d'entreprises revêt de plus un caractère très particulier pour les bassins d'emploi de la région Rhône Alpes, qui sont composés d'une multitude de petits sous-traitants, dont la pérennité des liens avec les grands donneurs d'ordre est de moins en moins acquise. Nous assistons clairement dans cette région à l'émergence de réseaux dynamiques destinés à mobiliser des compétences et des savoir-faire répartis. Or, à la différence de l'information qui transite effectivement instantanément dans un monde "sans frontières", le partage des compétences dans un cadre de coopération non hiérarchique ne s'affranchit pas aisément des barrières culturelles et des frontières linguistiques. Le processus de constitution de réseaux non hiérarchiques, fondé sur l'échange de compétences et sur l'établissement de relations de confiance, ne se réalise donc pleinement que dans un contexte de proximité géographique et culturelle. En retour, ce sera donc avant tout sur le plan des dynamiques territoriales locales que ces nouveaux processus coopératifs exerceront une action structurante. À partir d'enquêtes sur le comportement des réseaux d'entreprises en France, ainsi qu'à partir d'observations de terrains plus poussées sur trois groupements de la région Rhône Alpes, nous nous attachons à montrer dans quelle mesure le partage des compétences est l'élément moteur de la constitution de réseaux d'entreprises, et dans quelle mesure cela implique le respect d'une proximité géographique et culturelle de ses membres.

Contexte

manager icon Responsables :
André Joyal
host icon Hôte : Université Laval

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