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Rêver d'être nulle part. Le fantasme de la « sortie du temps » dans le roman québécois contemporain

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Martine-Emmanuelle Lapointe

Résumé de la communication

Dans son roman La maison des temps rompus (2008), Pascale Quiviger met en scène une narratrice solitaire qui, pour mieux se remettre d’un deuil, se réfugie dans un lieu où le temps est suspendu: «Je voulais une maison pour qu’elle m’avale, je me souviens avoir pensé: j’aimerais tant être nulle part. Être nulle, annulée». Invisible, poreuse, constamment menacée par la ruine, la maison n’est bien sûr qu’une vue de l’esprit, un refuge précaire dans lequel le sujet projette son fantasme de disparition. Loin d’être simple, ce désir d’effacement exhume une double quête. Si le sujet souhaite s’abolir, ne plus exister, se retrouver dans une sorte de «hors-lieu», il entend aussi se reconstruire en dehors des codes et des lieux communautaires, comme s’il lui était possible de sortir du temps et de mener, de manière autosuffisante, une vie parallèle à celles des autres mortels. Si le fantasme de la sortie du temps trouve chez Quiviger une représentation littérale, il emprunte d’autres formes chez plusieurs romanciers québécois contemporains, de Ying Chen à Catherine Mavrikakis, en passant par Jean Barbe. La présente communication s’attachera à ce paradoxe temporel qui, sans nier l’appartenance du sujet individuel à une histoire, en complexifie forcément les fondements. Il s’agira plus précisément d’analyser les effets de cette «sortie du temps» sur la construction du sujet romanesque et sur ses relations avec la mémoire collective et l’histoire monumentale.

Résumé du colloque

Ce colloque sera l'occasion du lancement du numéro 18 (printemps 2009) des cahiers littéraires Contre-jour.

Contexte

host icon Hôte : Université d’Ottawa

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