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Résumé du colloque
Malgré les efforts considérables faits en matière de prévention des risques professionnels en France, force est de constater qu’aujourd'hui ces risques sont encore bien présents. Par exemple, dans les secteurs les plus « risqués » tels que le bâtiment et l’industrie automobile, les taux d’accidents de travail ne descendent pas en dessous d’un certain seuil en dépit de toutes les campagnes de sensibilisation et de prévention. Le but de notre démarche sera ainsi de repérer et de comprendre les facteurs susceptibles de fragiliser les travailleurs face aux risques professionnels. Le premier pas vers la compréhension de ce phénomène sera de voir à travers les statistiques la répartition des risques professionnels selon les caractéristiques spécifiques des travailleurs. Est-ce qu’aujourd'hui les risques sont répartis de façon égale entre les travailleurs ou existe-t-il des catégories de travailleurs qui sont plus exposés que d’autres et si oui, pour quelles raisons ? Après avoir discuté des résultats de cette analyse, notre attention portera sur deux groupes de travailleurs pour lesquels les taux d’accidents sont les plus élevés : les intérimaires et les seniors. Comment expliquer le fait qu’en dépit de caractéristiques différentes telles que l’âge, l’expérience de travail, les qualifications, etc. ces travailleurs se trouvent fragilisés devant les risques professionnels ? En nous basant sur les concepts de précarité de travail/précarité de l’emploi, nous faisons l’hypothèse que les travailleurs qui sont déjà fragilisés dans leur accès à l’emploi ou courent des risques réels d’une exclusion du marché de travail peuvent le devenir face aux risques professionnels. Nous allons appuyer nos arguments sur les travaux récents des ergonomes et des sociologues français. Ainsi nous décortiquons les pratiques réelles de travail et explicitons les impacts de l’organisation de la production pour interroger les risques que comporte l’organisation actuelle du travail. L’intensification, le phénomène de sous-traitance, la rationalisation extrême de la production n’auront pas les mêmes effets sur les travailleurs d’autant plus que leur inscription dans le travail et dans l’emploi sera différente. Cette problématique nous oblige à intégrer aussi la question des conditions de travail qui sont loin d’être égales suivant le statut d’emploi. La précarité intervient également au niveau de la répartition des tâches dans les équipes. Il sera d’autant plus intéressant de tracer les mécanismes à travers lesquels se joue cette fragilisation des travailleurs que les formes organisationnelles de travail seront différentes comme dans les secteurs du bâtiment et l’industrie automobile. D’autant plus que leurs caractéristiques spécifiques peuvent aussi justifier ce choix : premièrement, ce sont des secteurs « réputés » pour les risques professionnels ; deuxièmement, le recours à l’intérim y est courant, et enfin, le problème du vieillissement de la main d’œuvre est actuel.
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