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« Sais-tu comme c'est bon d'être un objet sexuel ? » : le pseudo-plaisir de l'objet dans les romans érotiques populaires écrits par des femmes au Québec

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Élise Salaün

Résumé du colloque

Chaque année, la Saint Valentin donne la preuve éclatante de l'engouement généralisé pour la littérature érotique. Les présentoirs des librairies croulent sous les romans érotiques qui, quand on y regarde de plus près, ont une chose en commun : une signature féminine. Déjà manifeste en France depuis une vingtaine d'années avec des auteures comme Régine Desforges et Alina Reyes, ce phénomène date du début des années quatre-vingt-dix au Québec avec l'entrée en scène de Lili Gulliver (pseud. de Diane Boissonneault) qui publiait Paris en 1991, le premier tome de ce qui allait devenir la tétralogie intitulée L'Univers Gulliver, entièrement consacrée aux pérégrinations érotiques de l'héroïne éponyme. Depuis, Marie Gray et William Saint-Hilaire ont ajouté leurs oeuvres en série à un corpus assez substantiel de romans érotiques québécois écrits par des femmes et mettant en scène des personnages principaux féminins. En observant d'abord la facture de ces romans, il est aisé de constater à quel point le discours éditorial, péritextuel – que l'on peut qualifier de commercial puisqu'il sert à séduire le lecteur pour mousser la vente – insiste sur le genre féminin des auteures et des personnages. La présente communication tentera de démontrer comment le discours péritextuel des récits érotiques s'allie en fait à une représentation androcentrique des personnages féminins dans les oeuvres contemporaines écrites par des femmes. Il semble que la liberté accordée par la représentation d'une sexualité féminine soi-disant épanouie n'est qu'un leurre dans la mesure où les personnages féminins se soumettent d'eux-mêmes à une logique androcentrique du plaisir, calquée sur la jouissance masculine et toute à son service. Ces romans érotiques conviennent particulièrement bien au discours commercial qui exploite la satisfaction du désir sexuel masculin comme argument de vente. Le genre érotique populaire paraît ainsi s'être constitué à la faveur de la rentabilité commerciale au détriment de l'expression d'une sexualité féminine authentique et tout cela sous la plume d'écrivaines elles-mêmes représentées comme sexy et aguichantes dans le discours éditorial. Que de contradictions à explorer et, peut-être enfin, à dénoncer...

Contexte

manager icon Responsables :
Isabelle Boisclair
host icon Hôte : Université du Québec à Montréal

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