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Solutions spatiales à la marginalisation sociale des femmes : les migrations féminines dagara vers Bobo-Dioulasso (Burkina Faso)

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Jean-Bernard Ouedraogo

Résumé du colloque

Les Dagara sont venus du Ghana actuel et occupent la rive ouest du fleuve Mouhoun, autrefois appelé Volta Noire, dans le sud-ouest du Burkina Faso. Les études sur les migrations ont souvent considéré les femmes comme des sujets passifs des migrations masculines, alors qu'ici elles sont manifestement les actrices principales d'une aspiration au changement par la mobilité spatiale. L'explication de cette autodétermination singulière est à rechercher dans l'évolution historique du statut social des femmes dans la société dagara. En effet, structurellement dominées dans la société traditionnelle, la subversion de l'ancien ordre social par le fait colonial ne les a pas pour autant rapprochées des éléments d'un bien-être qu'elles réclament désormais. Autrefois élément disputé et très contrôlé de la reproduction physique et sociale, les femmes restent encore marginalisées dans le processus de modernisation du monde rural. Bien que de plus en plus sensibles aux nouveaux styles du bien-être moderne, les femmes dagara sont tenues éloignées des instruments, anciens et modernes, d'accumulation des biens matériels et symboliques indispensables à la valorisation sociale. Cette double exclusion pousse nombre de jeunes femmes au départ, avec souvent la bénédiction des plus anciennes, vers Bobo-Dioulasso, la capitale régionale. Pour échapper aux contrariétés d'un ordre traditionnel oppressant et pour contourner les limites que leur impose la dynamique moderne locale, elles sont souvent obligées de quitter leurs villages. Pour changer de société, elles doivent changer de lieu.

Contexte

host icon Hôte : Université d’Ottawa

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